La 4G fixe bientôt au chevet de la montée en débit internet sur les zones moins denses ?

5 avril 2016 à 17h09
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h35 -

L'annonce de l'ARCEP du lancement de phase d'expérimentation pour un cycle d'analyse et d'expérimentation sur les usages des bandes 3400/3600 MHz et 2570/2620 MHz relance les espoirs des collectivités et des industriels des RIP.

Cette annonce fait suite notamment à l'action et aux courriers de la FIRIP adressés à l'ARCEP mais également au gouvernement, afin de proposer l'utilisation de solutions alternatives afin d'apporter des connexions Internet en Haut et Très Haut Débit dans les zones rurales de notre pays. Depuis 2015, la FIRIP a créé une commission radio qui travaille notamment sur l'utilisation et les évolutions de la Boucle Locale Radio, qui a déjà permis de désenclaver des zones blanches ADSL (WiMax).

L'ARCEP lancera dans les prochaines semaines une consultation sur les deux années qui viennent, à propos des bandes de fréquences appelées "L", "3.5 GHz" et "2.6 GHz TDD", afin d'envisager de prochaines attributions de ces fréquences. Pour cela, l'ARCEP lance un cycle d'analyse et d'expérimentation sur les usages des bandes 3400-3600 MHz et 2570-2620 MHz, en autorisant deux premières expérimentations.

Deux essais en cours sur la 4G fixe sur ces bandes

Xilan expérimente la 4G fixeL'ARCEP veut s'assurer que les technologies identifiées pour la modernisation des réseaux BLR (Boucle Local Radio-Wimax), seront à la hauteur des attentes de tous et pourront trouver un modèle de développement. Pour cela, l'ARCEP a autorisé deux expérimentations dans la bande 2,6 GHz TDD :

  • l'opérateur Xilan pourra utiliser 20 MHz pendant 5 mois pour une expérimentation de BLR en LTE dans le Pas-de-Calais
  • la société Splitted Desktop Systems pourra utiliser 30 MHz pendant 5 mois pour une expérimentation sur des réseaux mobiles innovants dans l'Essonne.

La 4G fixe, c'est quoi ?

La terminologie 4G fixe désigne l'utilisation de réseau hertzien 4G, afin d'apporter Internet non pas en mobilité mais dans des foyers, à l'aide de box internet compatibles pour capter ce type de connexion radio. Cela implique bien entendu une couverture par le biais d'antennes, tout comme les réseaux habituels 2G, 3G ou 4G, mais sur des bandes de fréquences spécifiques qui devraient être de préférence dédiées à cet usage.

Idéalement, ces bandes devraient être, selon la FIRIP, exclusivement réservées aux zones moins denses, dans lesquelles apporter la fibre optique ne sera jamais possible (de 1 à 2 millions de foyers/locaux selon plusieurs estimations, dans des montagnes, vallées, plateaux isolés...). Pour certaines régions, même les lignes cuivres ne sont pas déployées, ou avec une telle longueur de ligne et d'affaiblissement qu'il ne sera jamais possible d'avoir de connexion ADSL, voire juste correcte (supérieure à 4 Mbit/s).

Quelles bandes de fréquences pour la 4G fixe ?

Pour le moment, on peut définir trois possibilités majeures pour ces bandes qui pourraient être utilisées, mais avec des spécificités et restrictions :

  • la bande 1452-1492 MHz (" bande L ") : elles sont plutôt réservées actuellement aux services de radiodiffusion terrestre et de radiodiffusion par satellite. En France, c'est le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) est l'affectataire prioritaire de la partie centrale de la bande L (1460-1484 MHz, soit 24 MHz).
  • la bande 3400-3600 MHz (" 3,5 GHz ") : c'est la même bande que le WiMax mais en mode LTE TDD. Des tests ont déjà été réalisés en Irlande, Angleterre, Italie, Espagne...
  • la bande 2570-2620 MHz (" 2,6 GHz TDD ") : TDD pour Time-Division Duplex, avec une seule bande de fréquences avec des ressources dynamiquement allouées à l'émission ou à la réception des données (multiplexage temporel)

D'autres fréquences sont aussi envisageables, comme le 2,3 GHz, mais utilisées notamment par l'armée ou d'autres services, leurs mises à disposition s'annoncent comme complexes...

4G Fixe



La FIRIP se félicite du signal donné par l’ARCEP !

Etienne Dugas, Président de la FIRIP estime déclare « L’annonce de l’Arcep est le premier signal donné relatif au possible déploiement de la 4G fixe en France. 2016 sera une année d’expérimentations. Nous accompagnerons nos adhérents qui souhaitent aller dans ce sens car nous sommes convaincus que l’écosystème est là et que cela permettra d’atteindre les objectifs du Plan France Très Haut Débit ».

La Fédération des Industriels des Réseaux d’Initiative Publique travaille sur de nombreux sujets concernant le développement des réseaux numériques sur les territoires moins denses du territoire, appelés des Zones d'Initiative Publique. Comme le rappelle la FIRIP, si la fibre est la technologie d’avenir des 50 prochaines années, ces projets de déploiement prendront du temps (entre 5 et 10 ans). D'autre part, cette technologie ne permettra pas de couvrir 100% du territoire, compte tenu des contraintes géographiques et donc économiques sur certaines zones, les chiffres circulant selon les acteurs tournant entre 80 et 85% de la population totale à terme.

La 4G fixe, pour réduire la fracture numérique française

Afin de préserver l’équité de la population pour son accès au numérique, la 4G fixe pourrait constituer une véritable alternative, du fait notamment de l’engagement des industriels et des équipementiers en place. Ainsi, Xilan, le groupe Nomotech, Alsatis et Infosat ont d’ores et déjà annoncés l’intention de lancer des expérimentations.
La FIRIP insiste sur deux points importants pour réussir ce pari :

  • Affecter une bande de fréquences à la seule 4G fixe, destinée aux collectivités
  • Fixer un prix raisonnable pour l’attribution de ces bandes au regard du potentiel d’abonnés à raccorder via cette technologie

De son côté, l'ARCEP étudie plusieurs usages possibles pour les bandes 3,5 GHz et 2,6 GHz TDD :

  • La fourniture de débits toujours plus élevés par les opérateurs mobiles
  • La montée en débit des réseaux de boucle locale radio (BLR), conçus pour fournir un accès à internet fixe par voie hertzienne aux habitants des zones rurales où les débits disponibles sur le réseau cuivré sont limités
  • Le déploiement de réseaux mobiles locaux dédiés à des usages professionnels (PMR)
  • Le développement de l'Internet des objets.