ADSL Nu : excès de pudeur chez les opérateurs

20 juillet 2006 à 16h32
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 19h05 -

Les fournisseurs d’accès le réclamaient. Maintenant qu’ils l’ont, ils n’en veulent pas ! L’ADSL Nu ne séduit plus les opérateurs. Quelques éléments de réponse.Cachez cet ADSL «Nu» que je ne saurais voir ! Les fournisseurs d’accès seraient-ils pudiques au point de ne pas commercialiser d’offres ADSL Only à leurs clients non-dégroupés ? La question se pose au vu du manque d’enthousiasme des opérateurs alternatifs qui ne se poussent pas au portillon de France Telecom, pourtant prêt à fournir ce service depuis le 17 juillet. Baptisée «ADSL Only» ou «ADSL nu», cette offre de gros permet aux FAI de délivrer de l'ADSL sur une ligne, sans que l’abonné ait à payer un abonnement téléphonique à l’opérateur historique. Cela ressemble à du dégroupage total mais ça n’en est pas puisque la ligne appartient toujours à France Telecom. Cette solution intéresse donc ceux qui ne veulent pas maintenir une relation commerciale avec France Telecom uniquement pour un abonnement qu’ils n’utilisent pas, hormis pour accéder au haut-débit. De nombreux internautes ne passent d’ailleurs peu ou plus d’appels via le réseau commuté France Telecom et s’en remettent à la téléphonie VoIP ou aux mobiles. Selon le site 01net.com, aucun fournisseur d’accès n'a voulu souscrire à l’offre ADSL Only pour le moment. «L'offre est bel et bien disponible, mais nous n'avons pas encore de commandes», précise-t-on chez France Telecom. Ce manque d'empressement semble paradoxal, si l'on considère que l'ADSL Nu faisait partie des revendications des FAI à l'époque où le dégroupage peinait à démarrer. L'offre de revente ADSL Only étant même une des contreparties concédées par France Télécom pour avoir le droit d'augmenter son abonnement téléphonique. Le problème se situerait plutôt au niveau économique voire même stratégique. Les tarifs de l’offre de gros ADSL Nu, revendue par France Telecom aux FAI, sont de 21,50 euros HT par mois et par mois, plus 66 euros HT de frais d'accès. Pas franchement une aubaine pour les opérateurs comme le souligne Christophe Roy, directeur des affaires réglementaires de Telecom Italia France (Alice) : «Notre priorité, c'est d'étendre encore notre couverture en dégroupage total, pour fournir des offres les plus complètes possibles à nos abonnés (Internet, téléphone, TV). De toute façon, pour le moment, il n'y aurait pas de réelle rentabilité à proposer de l'accès ADSL seul, au vu des tarifs de revente de France Télécom»