De la fibre jusqu'au palier pour déployer plus vite le THD ?

26 mai 2015 à 13h51
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h38 -

Le comité d'experts cuivre a validé la première étape vers l'introduction effective de la 'fibre jusqu'au palier' combinant fibre optique et VDSL2 / g.Fast sur la partie terminale du réseau.Le 5 mai dernier, le comité d'experts cuivre regroupant les prinicpaux opérateurs français a rendu un avis favorable sur "l'injection du VDSL2 depuis en aval du point de concentration dans la boucle locale de cuivre". Qu'est-ce que ce la signifie ?

Selon l'ARCEP, cet avis favorable représente la première étape vers l'introduction effective de la "fibre jusqu'au palier" en France. Connue sous l’appellation FTTdp pour fibre optique jusqu'au point de distribution, cette architecture de réseaux très haut débit consiste à tirer de la fibre entre un central optique (NRO) et un équipement situé au plus près de l'abonné au niveau de l'immeuble ou du palier.

La partie terminale du réseau - entre le boitier de conversion et le modem de l'abonné - n'est pas en fibre optique mais en cuivre. Sur les derniers mètres, le signal est transporté sur la ligne téléphonique traditionnelle via la technologie VDSL2. Le FTTdp est ainsi une architecture hybride qui combine beaucoup de fibre optique avec un peu de VDSL2. Ce type de réseau repose sur la même structure que celle que Numericable utilise (FTTLa). La seule différence réside dans la nature de la partie terminale : le réseau téléphonique en FTTdp et le réseau câblé coaxial en FTTLa.

Pourquoi les opérateurs s'intéressent-ils au FTTdp ?
L'avantage du FTTdp est d'éviter le raccordement final dans le logement des internautes. Ces travaux, souvent perçus comme un frein, mobilisent en effet deux techniciens pendant deux heures pour tirer la fibre jusqu'à une prise optique dédiée. Grâce au FTTdp, les internautes bénéficieraient d'une connexion très haut débit sans intervention supplémentaire. Pour les opérateurs, c'est également un moyen de rentabiliser les réseaux FTTH "horizontaux" peu occupés parce que les raccordements "verticaux" sont fastidieux (conventions de syndic, immeubles classés au patrimoine...).

Les débits seront-ils aussi rapides en FTTdp qu'en fibre de bout en bout ?
Le recours à un raccordement hybride (fibre+cuivre) impliquera obligatoirement une déperdition de débit. Actuellement, le VDSL2 - même sur de très courtes distances - ne permet pas de rivaliser avec la fibre. concrètement, le débit VDSL2 maximum pourra grimper jusqu'à 200 Mbit/s en réception alors qu'il monte jusqu'à 1 Gbit/s en FTTH. Néanmoins, le standard VDSL2 sera remplacé prochainement par la nouvelle norme G.fast qui autorisera des vitesses jusqu'à 1 Gbit/s. La vraie différence se jouera sans doute sur les débits en upload.

Le FTTdp se substituera-t-il au FTTH ?
A priori non. Les acteurs du marché envisagent actuellement le recours au FTTdp pour "remédier à des difficultés ponctuelles et transitoires de réalisation du raccordement final en fibre optique". Il ne s'agit donc pas de moderniser la boucle locale cuivre, mais plutôt de créer une solution intermédiaire entre la montée en débit opérée au niveau des armoires de rue, et la fibre jusqu'à l'abonné.