Les opérateurs télécoms priés de se mettre au vert

27 juillet 2010 à 15h45
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h45 -

En associant l'écologie au numérique, la Fédération des Télécoms et le Gouvernement comptent réduire la consommation énergétique et l'empreinte carbone de la France.Pour les fournisseurs d'accès, l'année 2011 sera verte. Et attention, on ne parle pas ici de la couleur des tapis de célèbres jeux d'argent désormais légalisés en ligne. Après le vert "poker" obtenu grâce au Gouvernement, les opérateurs télécoms sont priés aujourd'hui de se mettre davantage au vert "écolo".

En décembre dernier, notre partenaire LesNumeriques.com rappelait à quel point les Box et autres décodeurs TV sont énergivores. Mais comment concilier la croissance de l'économie et des loisirs numériques avec le développement durable ? A défaut de répondre entièrement à la question, les opérateurs viennent de signer une charte dans laquelle ils s'engagent à réduire la consommation énergétique du secteur des télécoms d'ici 2020.

Co-signé par Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique, et Frank Esser, Président de la Fédération Française des Télécoms, cet accord porte essentiellement sur 3 points :

- la promotion de l'éco-responsabilité des acteurs du secteur des télécoms
- l’essor de la consommation durable avec la généralisation d’offres de reprise des téléphones usagés et le déploiement de l’affichage environnemental
- la maîtrise énergétique des réseaux, et notamment la réduction de la consommation des Box, des décodeurs et (surtout) des Data-centers.

L'explosion des usages numériques et l'extension des réseaux de télécommunication a considérablement changé la donne. D'après une étude de l'IDATE (fichier PDF - 360Ko), la consommation électrique de la filière télécoms en France a bondi de 45% entre 2005 et 2008 en passant de 4.6 à 7.6 Twh par an. Si la consommation des réseaux mobiles est restée stable, celle des réseaux fixes et des Box a considérablement augmenté.

A titre d'exemple, cette dernière a été multipliée par 5 en l'espace de 3 ans ! L'explication est à chercher du côté de la croissance rapide du taux d'équipement des ménages (informatique...) et du taux de pénétration d'Internet. Rappelons que le nombre d'abonnés ADSL a presque doublé (+91%) entre 2005 et 2008.

Parallèlement à la généralisation du haut-débit, le "Triple play" a par ailleurs accéléré la hausse de la consommation énergétique. En transformant les modems en passerelles multimédias (Box + décodeur IPTV), les opérateurs ont alourdi la facture environnementale et la facture EDF des abonnés par la même occasion. Rappelons que les Box ont vocation à être allumées en permanence pour assurer le service de téléphonie IP ou permettre la diffusion de flux TV.

Parallèlement aux (set top) Box, les opérateurs ont aussi accru leurs capacités en amont pour densifier leurs réseaux (dégroupage avec l'installation de DSLAM et de points de présence), et leurs Data-centers (multiplication des serveurs) pour faire face à la demande de services (VoIP, TV sur IP, VoD, téléchargement, streaming...). Selon l'IDATE, la consommation électrique des datacenters d’opérateurs télécoms est ainsi respectivement passée de 0.3 à 0.5 Twh/an (+66%) sur la période 2005/2008.

Dans un premier temps, les acteurs du secteur (excepté Free qui n'est plus membre de la Fédération Française des Télécoms) veulent donc stabiliser la consommation énergétique malgré la hausse des usages. Dans un deuxième temps (à partir de 2012), l'objectif affiché est de la réduire de manière durable pour que le niveau de consommation en 2020 soit équivalent à celui de la période 2009-2010.