La fibre optique jusqu'à l'abonné est au point mort

2 juin 2010 à 13h49
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h46 -

Les chiffres de l'ARCEP confirment l'impression générale : le marché du très haut-débit est largement tiré par Numericable tandis que le FTTH ne progresse presque pas.Grâce à son observatoire trimestriel, l'ARCEP photographie le paysage Internet français tous les 3 mois. Si la tendance du secteur de l'ADSL est désormais bien connue - le marché est mature et stable - celle du tout nouveau marché du très haut-débit soulève davantage d'interrogations.

Au 31 mars 2010, l'ARCEP comptabilise 330 000 abonnés à la fibre optique, dont 255 000 sur le réseau Numericable et 75 000 raccordés jusqu'au domicile (FTTH). Par rapport au dernier trimestre de l'année 2009, le très haut-débit a donc séduit 42 000 nouveaux clients.

Parmi ces nouveaux abonnés qui ont désormais la chance de profiter de la TVHD et d'un débit jusqu'à 100Mbits, plus de 85% (soit 36 000) ont opté pour la fibre optique avec terminaison en câble coaxial (FTTLA) proposée par Numericable (ainsi que Dartybox THD et Auchan). Moins de 15% des nouveaux accès fibrés concernent la technologie FTTH.

Cela signifie donc que sur les 3 premiers mois de l'année, Orange, Free et SFR ont recruté seulement 6000 nouveaux abonnés FTTH, soit une moyenne de 55 clients par jour sur l'ensemble du territoire ! Ces résultats ne sont pas très encourageants d'autant plus que l'ARCEP observe déjà un autre phénomène inquiétant.

La progression trimestrielle du nombre de nouveaux abonnés FTTH (+2,5%) est largement moins rapide que l'évolution du nombre de logements éligibles (+8,6%). Sur les 860 000 propriétaire ou locataire d'un appartement raccordé à la fibre optique, moins de 10% seraient actuellement effectivement abonné à une offre 100Mbits. C'est à se demander si Orange, Free et SFR souhaitent véritablement vendre des abonnements FTTH. A moins que de nombreux internautes craignent d'éventuelles complications lors du passage à la fibre ou qu'ils ne voient pas à quoi pourrait leur servir un débit aussi important.

La situation est pour le moins paradoxale. Après des années de tergiversations, la France dispose pourtant aujourd'hui d'un cadre règlementaire précis et appliqué. Ainsi, la part des logements éligibles aux offres de mutualisation a bondi de 10 000 à 40 000, soit une hausse de 300% en un seul trimestre.