[MàJ] Du déport optique pour la montée en débit ADSL ?

4 juillet 2011 à 12h24
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 17h44 -

France Télécom fait de la montée en débit dans le département de la Charente. [Article Mis à Jour][MISE à JOUR] 05/07 à 10H : après de nouvelles vérifications, il ne s'agirait pas d'un déport optique mais d'un simple DSLAM (Déport DSLAM ATM sur NRA d’origine) ajouté à l'occasion de l'arrêt du multiplexeur de transport.

Le débit ADSL des internautes de la commune d'Edon est passé de 0 à 20 mbit/s en quelques jours seulement !

La modernisation du réseau téléphonique opérée par France Télécom n'a rien d'exceptionnel en soi. Mais dans ce cas précis, les travaux de France Télécom sont intéressants puisque la montée en débit sur la boucle locale cuivre aurait été réalisée grâce à la technique du déport optique.

Qu'est-ce que le déport optique ? La solution de déport des signaux optiques consiste à multiplexer les signaux ADSL à la sortie du central téléphonique (NRA) pour les transporter via des fibres optiques jusqu’au sous-répartiteur. Une fois là, les signaux sont démultiplexés puis injectés sur les paires de cuivre desservant les internautes.

Le principal intérêt du déport optique est de réduire l’affaiblissement des lignes en remplaçant les câbles de cuivre par de la fibre optique entre le central et le sous-répartiteur. Les connexions ADSL sont ainsi moins bruitées et supportent des débits nettement plus élevés à l'image de ce que le NRA-ZO propose déjà.

Dans le cas de la commune d'Edon, l'armoire de sous-répartition concentre 105 lignes téléphoniques désormais toutes éligibles à l'ADSL. Jusqu'à présent, presque toutes ces lignes étaient pénalisées par un affaiblissement supérieur à la limite de 78dB.

Boitier de déport optique sur un sous répartiteur ADSL
France Télécom a profité de son plan de modernisation (suppression des multiplexeurs de transport) pour faire d'une pierre deux coups. Un câble de fibre optique a ainsi été tiré entre le central principal (VBL16) situé à Villebois-Lavalette et le sous-répartiteur V07 à Edon, rebaptisé EDO16. La fibre optique a été enterrée sur une partie du trajet avant d'être déployée en aérien sur des poteaux.

Comme on peut le noter sur cette photo (encadré rouge), le déport optique est logé dans un petit boitier beaucoup plus compact qu'une armoire DSLAM de type NRA-ZO. Hormis le gain de place, l'avantage du déport de signal optique est de constituer une solution neutre qui n'avantage pas un fournisseur d'accès par rapport à un autre.

Contrairement au NRA-ZO où la partie ADSL est colocalisée dans l'armoire de sous-répartition, le déport optique permet aux opérateurs alternatifs d'économiser l'installation de nouveaux DSLAM pour dégrouper les sous-répartiteurs. Le dégroupage s'effectue ainsi de manière transparente directement au niveau du central téléphonique principal.

Rappelons que le déport optique - tout comme le réaménagement de la sous-boucle et la bi-injection - est une des solutions de montée en débit sur le réseau de France Télécom envisagée par l'Autorité de Régulation des Télécoms (ARCEP).

L'objectif de l'ARCEP est de préparer le remplacement progressif de la boucle locale cuivre par de la fibre optique dans les zones les moins denses. L'idée est d'améliorer les débits ADSL actuels en attendant que les investissements permettent de basculer vers la fibre optique jusqu'à l'abonné (FTTH).