FTTH : Orange tire la sonnette d'alarme

4 novembre 2008 à 12h47
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h50 -

Les débits de la fibre optique sont rapides. Le déploiement et les travaux en revanche... Orange s'inquiète du manque de visibilité et des complexités règlementaires.Le million ! Le million ! Le million ! Et bien non... Orange n'atteindra pas son objectif 2008 de raccorder un million de foyers en fibre optique jusqu'à l'abonné (FTTH). Didier Lombard, le PDG d'Orange, a expliqué hier dans un entretien au journal La Tribune que ce retard était dû "au flou réglementaire" qui entourait le déploiement de la fibre optique.

Ce n'est pas le premier signal d'alarme qu'Orange envoie. En septembre dernier, l'opérateur avait déjà annoncé une année de retard sur les objectifs fixés au début de l'année 2007. Pourquoi le déploiement de la fibre optique ne se déroule pas aussi rapidement qu'espéré ?

D'une part, le cadre réglementaire - qui définit les modalités du déploiement et les responsabilités de chacun - a été l'objet de nombreuses discussions (lobbying ?) entre les fournisseurs d'accès, le Gouvernement et l'ARCEP. La situation s'est pourtant éclaircie ces dernières semaines avec les recommandations de l'Autorité de Régulation des Télécommunications, issues de la Loi de Modernisation de l'Economie précédemment votée.

D'autre part, les divergences technologiques, stratégiques et commerciales entre opérateurs télécoms ne favorisent pas la nécessaire mutualisation des infrastructures. Fibre mono-mode chez les uns, fibre multi-mode chez les autres, désaccord sur la localisation du point de raccordement, partenariat Orange/SFR désavoué par Free... chaque fournisseur d'accès voit midi à sa porte.

Enfin, il ne faut pas non plus oublier que la fibre optique jusqu'à l'abonné représente un lourd investissement pour les opérateurs. Orange, SFR et Free devront débourser plusieurs centaines de millions d'ici l'année prochaine. Si l'on ajoute à cela, un marché des télécoms concentré et dynamique, et les craintes d'une récession dûe à la crise financière...