La France accuse un certain retard sur l'adoption de la VOD et de la SVOD

24 mars 2016 à 17h39
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h35 -

Une nouvelle étude, cette fois, publiée par Nielsen, étudie les usages de la VOD et de la SVOD, en comparant avec ceux de la télévision dans le monde.

Son principal intérêt est de faire le comparatif avec les usages et les comportements dans les autres pays du monde, l’étude a en effet été effectuée auprès de 30.000 personnes dans 61 pays du monde ! Et l’une des conclusions que l’institut en tire est un retard certain de la France en ce qui concerne l’adoption de ces nouveaux moyens de consommer des contenus.

Un certain retard de la France concernant l’adoption de la VOD

En France, 39% des sondés regardent de la VOD, contre 50% en Europe et 65% dans le monde. Mediametrie annonçait 5 millions d’utilisateurs de SVOD en France en janvier dernier. De nombreux facteurs peuvent expliquer ce « retard » : l’offre gratuite est abondante en France (nombreuses chaînes gratuites disponibles, replay…) et les Français ne sont pas habitués à payer pour regarder les programmes (contrairement aux Etats-Unis par exemple). Par ailleurs, la lutte contre le piratage n’a jamais été vraiment efficace et la piraterie reste ancrée dans les mœurs. Enfin, si les plateformes de VOD existent depuis près d’une dizaine d’années, la SVOD n’a réellement fait son apparition dans l’Hexagone qu’avec l’arrivée de Netflix en septembre 2014 (même si d’autres services de SVOD existaient antérieurement). L’offre de contenus pourrait aussi se révéler moins riche et moins récente que dans d’autre pays, à cause de la chronologie des médias qui ne permet aux films de n’être disponibles que 3 ans après leur sortie en salles.

Des plateformes financées par la publicité ?

vod publicité


Nielsen a étudié l’acceptation de la publicité sur des services de VOD. Les Français se montrent plutôt ouverts à ce sujet avec 56% des sondés qui se déclarent totalement ou partiellement d’accord avec le fait que les publicités ne sont pas gênantes si le service est gratuit. Néanmoins à ce jour, en France, aucune plateforme ne propose de plateforme de VOD gratuite financée par la publicité (ou alors de manière extrêmement limitée). Néanmoins le modèle freemium avec publicité / premium sans publicité (et d’autres avantages) se développe principalement dans le secteur musical (Deezer, Spotify…) et en partie sur la plateforme ina.fr. Rappelons tout de même que la chronologie des médias française n’autorise la mise à disposition de VOD gratuite que 48 mois (4 ans donc) après la sortie salle.

La télévision et l’ordinateur, terminaux de choix

vod appareils utilises


En France, la consommation de VOD se fait principalement depuis un ordinateur (70%) et depuis une télévision connectée (41%). La consommation en mobilité (smartphone, tablette) est moins importante qu’en Europe en général et même que dans le monde, avec respectivement 33 et 34% des consommateurs de VOD qui utilisent ces terminaux pour regarder leurs programmes en VOD.

VOD, SVOD et offres TV sont et restent complémentaires

Les principaux enjeux concernent l’avenir de la télévision et en particulier de la télévision payante à l’heure de la délinéarisation. Est-ce que les abonnés à un bouquet TV payant ne vont pas avoir tendance à le résilier au profit d’une offre SVOD ? Au niveau mondial, la réponse est non à une très large majorité (68%), même si 32% envisagent de le faire. En Europe, ce taux est de 17%. Même si dans les faits, comme le souligne Nielsen, la marge entre le dire et le faire est très importante.

La télévision n’est donc pas complètement délaissée, comme on l’entend souvent, et les services de VOD et de SVOD en sont complémentaires. Cela est d’autant plus vrai en France avec la chronologie des médias où un film est rarement disponible sur une plateforme de VOD et sur une chaîne de télévision. Néanmoins la concurrence est bien là car en plus de se jouer sur le portemonnaie des consommateurs, elle se joue aussi sur leur temps disponible.