La norme G.fast pourrait être standardisée en 2014

17 juillet 2013 à 15h53
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h42 -

Grâce à la nouvelle norme G.fast, les opérateurs pourront déployer le très haut débit plus vite et à moindre coût en tirant la fibre optique jusqu'au point de distribution (FTTdp). L'Union Internationale des Télécommunications (UIT/ITU), l'organisme des Nations Unies en charge des télécoms, a annoncé hier avoir validé la première étape de la standardisation de la nouvelle norme G.fast (G.9700) qui promet des débits jusqu'à 1 Gbit/s sur des câbles téléphoniques en cuivre.

Ce premier pas est le fruit du groupe de travail 15 de l'UIT et du Broadband Forum qui ont repris l'initiative lancée notamment en 2009 dans le cadre du projet Celtic 4GBB/HFCC, réunissant des opérateurs (Orange, British Telecom), des équipementiers (Ericsson) et des laboratoires de recherche (Université de Lund...).

Concrètement, G.Fast est le standard qui succédera à l'ADSL2+ et au VDSL2 dans les prochaines années. Grâce à l'utilisation de fréquences élevées (200Mhz pour le G.fast contre 30 pour le VDSL2), le G.fast permettra des débits descendants de 150 Mbit/s avec une ligne de cuivre de 250 mètres à 1 Gbit/s en cas de proximité immédiate avec la fibre optique.

Le G.fast a été conçu pour les réseaux d'accès hybride où la fibre optique est tirée au plus près du domicile de l'abonné. Sur les derniers mètres du réseau, en limite de propriété ou au niveau du dernier point de distribution dans la rue, les flux Internet transitent alors sur la paire de cuivre existante.

La réutilisation de ce dernier tronçon permet de fournir un débit important tout en favorisant le déploiement progressif d'un réseau FTTH de bout en bout. La norme G.fast devrait donc être la pierre angulaire de l'architecture FTTdp - fibre optique jusqu'au point de distribution - qui pourrait séduire les opérateurs et les gouvernements confrontés à un contexte économique difficile et à un marché des télécoms tendu.

A ce niveau, la rhétorique du plan national très haut-débit est certes subtiles mais sans équivoque. Le Gouvernement ne parle pas de "fibre pour tous" mais de "très haut-débit pour tous" en se référant à la classification de l'ARCEP qui reprend elle-même le seuil minimal de 30 mbit/s fixé par l'Union Européenne.

Le FTTdp/G.fast serait donc un bon moyen de valider un objectif politique tout en économisant du temps et de l'argent. Ce dernier point semble d'ailleurs intéresser les opérateurs. Rappelons que le déploiement de la partie terminale d'un réseau FTTH n'est pas chose facile : d'une part, il faut réunir le syndic de copropriété et obtenir une convention d'immeuble, et d'autre part, les travaux d'accès aux logements sont coûteux (une intervention mobilise 2 techniciens pendant 3 heures en moyenne).

A Genève, l'opérateur Swisscom testerait actuellement le FTTdp et envisagerait ainsi de réduire le coût du déploiement FTTx par un facteur 5 par rapport à la fibre optique jusqu'à l'abonné. En France, Orange s'intéresserait également au FTTdp. Selon Telegeography, l’opérateur a annoncé en avril dernier qu’il "privilégierait le déploiement de la FttDP chaque fois que la situation s’y prêterait". Au début du mois, Alcatel Lucent et Telekom Austria (A1) ont également annoncé la réussite d'une expérimentation G.fast qui a permis d'atteindre un débit de 1.1 Gbit/s sur 70 mètres et de 800 Mbit/s sur 100 mètres.