Licence 3G : les grandes manoeuvres continuent

22 octobre 2009 à 14h31
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h47 -

Le dossier de la quatrième licence 3G n'en finit pas de rebondir. Numericable et Virgin Mobile ont jettent finalement l'éponge, tandis que Bouygues et Vivendi (SFR) multiplient les recours juridiques. Après Orascom Telecom, Kertel, et Bolloré, Vigin mobile et Numericable viennent d'annoncer officiellement qu'ils ne seront pas candidats à l'attribution de la quatrième licence mobile.

Dans un communiqué conjoint, Pierre Danon (PDG de Numericable) et Geoffroy Roux de Bézieux (PDG de Virgin Mobile) justifient leur décision "en raison des nombreuses incertitudes qui persistent quant à la possibilité de déployer un nouveau réseau 3G en France".

L'évolution probable de la règlementation sur les seuils d'exposition aux ondes électromagnétiques, les moratoires sur l'installation de nouvelles antennes-relais, et la hausse des plaintes contre les opérateurs sont autant de freins qui risquent de rendre inopérante la 4ème licence, et de mobiliser des investissements importants estiment Numericable et Virgin mobile.

Certains observateurs estiment par ailleurs que la décision de Numericable / Virgin est également la conséquence du retrait d'Orascom Telecom qui avait prévu d'investir largement dans le consortium, mais aussi des réticences des fonds d'investissement Cinven et Carlyle qui détiennent Numericable.

Alors que la date butoir fixée par l'ARCEP approche (29 octobre), le groupe Iliad se retrouve donc en position très favorable, puisqu'il sera vraisemblablement le seul à se lancer dans l'aventure. Une situation qui ne plaît visiblement pas à Vivendi (SFR) et à Bouygues Télécom.

Ainsi, Bouygues vient de déposer deux recours au Conseil d'Etat (la plus haute juridiction française) qui demandent, d’une part, l'annulation du décret fixant le prix de la quatrième licence à 240 millions d'euros, et d’autre part, l'invalidation de l'arrêté du ministère de l'Economie autorisant le lancement de l'appel à candidatures par l'ARCEP.

Vivendi, de son côté, a fait savoir aujourd'hui qu'il avait engagé une procédure identique estimant que le tarif demandé était disproportionné par rapport aux 619 millions d'euros payés par Orange, SFR et Bouygues. Rappelons à titre d'information que ce tarif correspond à l'acquisition d'un bloc de fréquences de 15 Mhz, alors que le nouvel entrant ne disposera que de 5Mhz.