Hadopi : mission accomplished

23 septembre 2010 à 19h36
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h45 -

Acclamée comme son viatique par l'industrie culturelle, aujourd'hui proche d'être administrée, la demande d'identification aux FAI de 1000 premières IP se fait sur fond de contestations.Hadopi et le législateur ont eu les pires difficultés à justifier un traitement judiciaire différent pour un contrefacteur de montres et une personne copiant un morceau de musique sans l'avoir payé.

Sur le principe, dans les deux cas, il existe un manque à gagner pour le fournisseur habituel, économiquement lésé : un jouet comme le droit d'écoute d'un morceau de musique sont des choses s'achetant rarement en double...

La loi est simple : toute utilisation d'une œuvre protégée qui n'est pas expressément autorisée par son auteur ou par ses ayants droit est interdite. Il est toléré qu'une personne ayant obtenu le droit à l'écoute ou au visionnage partage la diffusion d'un morceau de musique ou d'un film dans le cadre de son cercle de famille.

Les contrefacteurs de montres sont, du point de vue de Mme Michu, peu nombreux, souvent étrangers, et manipulent des sommes considérables, tirant un profit monétaire de leur activité.

Par contre, presque tout le monde, Mme Michu y compris, conserve sur son ordinateur au moins un morceau de musique obtenu sur une clé USB, sur Internet, par email ou via un CD temporairement prêté.

Il est possible d'être en infraction même à son insu, la plupart des petites présentations sous formes de diapositives souvent échangées par mail, par exemple, étant totalement hors la loi car contenant des photos et de la musique non libres de droit.

Les prisons françaises étant trop étroites pour accueillir 20 millions de contrefacteurs, plus convaincus d'avoir partagé un moment de plaisir avec un ami que d'être de dangereux voleurs, le gouvernement a cherché d'autres solutions.

A défaut de pouvoir disposer d'un dispositif d'identification de l'internaute, ce qui serait apparemment à l'étude par de nombreux gouvernements, Hadopi attaque le défaut de protection de l'installation informatique.

Partageant quelques similitudes avec Judge Dredd : "La loi, c'est moi, et vous êtes en état d'arrestation", Hadopi est désormais fonctionnelle.

Cette autorité indépendante reçoit déjà les plaintes des ayants droit depuis quelques semaines , vérifie leur fondement, et demande l'identification des IP jugées "fautives" aux FAI

Un premier lot de 200 adresses suspectes, pour chacun des 5 plus gros fournisseurs d'accès, a été envoyé à Orange, SFR, Free, Bouygues Telecom et Numericable... probablement de manière à roder les processus côté FAI avant une montée en charge le mois prochain.