Interdire le wifi public est-il envisageable ?

9 décembre 2015 à 16h55
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h36 -

Après les attentats du 13 novembre, les menaces terroristes pèsent toujours sur le territoire et dans le cadre de l'état d'urgence, de nombreuses mesures ont été étudiées par le gouvernement. L'interdiction du wifi public et partagé en fait partie.

wifi

Même si le Premier ministre a démenti considérer l’interdiction du wifi public comme une option envisageable, en déclarant qu’Internet était une « liberté, un moyen extraordinaire de communiquer entre les gens » mais aussi que c’était « un plus pour l’économie », le wifi public reste néanmoins « un moyen pour les terroristes de communiquer et de diffuser leur idéologie totalitaire ».

L’interdiction de TOR fait aussi partie des mesures controversées pour lesquelles Manuel Valls a apposé un démenti. TOR (The Onion Router) est un réseau qui permet de rendre sa navigation anonyme. Pour bloquer ce réseau, il faudrait passer par les fournisseurs d’accès qui pourraient alors bloquer les utilisateurs qui s’y connectent. Néanmoins, certains utilisateurs se connectent aussi au réseau via des VPN. Bloquer tous les VPN existant serait de toute façon impossible.

« Interdire Internet », un concept qui s’invite dans les primaires aux Etats-Unis

donald trump

Le fantasque et inquiétant candidat à la primaire républicaine aux Etats-Unis, Donald Trump, avait même été plus loin souhaitant carrément « interdire internet » afin d’éviter le recrutement d’Américains par l’Etat Islamique. Une proposition extrêmement floue à travers laquelle, M. Trump ne prend pas la peine d’expliquer si cette interdiction concernerait un territoire géographique ou certaines fonctionnalités. Le milliardaire ne s’est pas non plus embarrassé d’expliquer comment il comptait mener à bien ce projet qui tel que proposé, contreviendrait aux droits humains.

La France championne du monde du Wifi

La France est particulièrement bien équipée avec plus de 13 millions de hostspots wi-fi gratuits selon le cabinet Maravedis Rethink (aux Etats-Unis en comparaison, il n’y en a « que » 9.58 millions). A Paris, le wifi gratuit est accessible dans 318 lieux : squares, bibliothèques, centres sportifs, mairies, musées… Et de nombreux restaurants, cafés proposent aussi du wifi public à leurs clients à l’instar de McDonalds ou de Starbucks. Les opérateurs ouvrent aussi leurs réseaux partagés. Free dispose ainsi de 3 millions de hotspots pour son réseau FreeWifi.

Le Wi-fi dans les trains

Tweet Axelle Lemaire

Cet équipement important fait cependant défaut dans les trains. La secrétaire d’Etat au Numérique s’était d'ailleurs fendue d’un tweet pour le moins provocateur, il y a un peu plus d’un an, « Toc toc toc, la SNCF : on peut se voir pour discuter wifi dans le train ? Merci d’avance ;-) ». Un sujet qui avait suscité plusieurs annonces sur le WiFi dès le mois de janvier, puis en février 2015... mais suivi de très peu d'initiatives concrètes.Il est vrai qu’à ce sujet, la France est loin de pouvoir permettre aux voyageurs de consulter mails et réseaux sociaux durant leurs voyages en train. Les Thalys, sont équipés depuis plusieurs années de Wi-Fi à bord grâce à des antennes satellites. Cependant, le nombre d’utilisateurs de smartphones à bord de ses TGV a considérablement augmenté et par effet miroir, l’utilisation de la bande passante également pour un service beaucoup moins bon. Thalys mise désormais sur un système de connexion par voie terrestre qui devrait être complété pour la fin de l’année.

En revanche, sur les trains SNCF, il n’en va pas de même, car le réseau est bien plus vaste que ce soit en termes de rames, qu'en kilomètres de voies ferrées ! La SNCF avait commercialisé le W-Fi dans le TGC Est fin 2010 avec un système de bornes (les « Box TGV ») au prix de 4.99 euros pour une heure de connexion ( !). Une expérimentation qui a pris fin en décembre 2013. Enfin suite à son tweet, Mme Lemaire annonçait en février 2015 un appel d’offres pour « installer le wifi dans ses rames ».

La couverture 4G du réseau ferroviaire, une solution envisageable ?

Guillaume Pepy, PDG de la SNCF en 2010 se demandait si finalement « les usagers ne préféreraient pas se connecter en 3G et bientôt [NDLR : à l’époque] 4G ». Cela devient une vraie question à un moment où la plupart des voyageurs disposent déjà de divers supports pour accéder à internet, où la SNCF prévoit de déployer la 4G dans les trains d’ici fin 2016 et où la couverture 4G du réseau ferré est prévue par l’Arcep à hauteur de 60% en 2022 et 90% en 2030. Celle-ci sera assurée par les opérateurs ayant des obligations de couverture, acquises lors de l’attribution des fréquences de la bande des 700MHz.

Obligations de couverture

Par ailleurs, Elisabeth Borne, à la tête de la RATP depuis mai 2015, a présenté en novembre dernier son plan « Défis 2025 » d’un milliard d'euros, qui outre des investissements sur les matériels roulants et la rénovation des gares comprendra la couverture 3G/4G des lignes A et B de RER ainsi que la ligne 1 du métro qui devrait être finalisée avant la fin 2015. La partie digitale de ce plan comprendra aussi le déploiement des « stations numériques » avec l’installation dans les gares de points Wifi et de recharges de smartphones.