Netflix officialise son arrivée en France

22 avril 2014 à 13h43
- Mis à jour le 30 janvier 2019 à 11h45 -

Le géant américain de la vidéo à la demande a confirmé officiellement son arrivée sur le marché français.La publication des résultats trimestriels de Netflix était très attendue pour deux raisons. Le première est bien entendu de vérifier le niveau de croissance des abonnements aux USA mais aussi dans le monde. Et la seconde est d'obtenir des informations sur les prochains mouvements de Netflix.

C'est au travers d'une discussion avec les investisseurs que Ted Sarandos, le numéro 2 de Netflix, a confirmé ce qui n'était plus vraiment une rumeur depuis quelques mois. Oui, Netflix débarquera donc bien dans l'Hexagone. En revanche, aucune date de lancement et encore moins de "modus operandi" n'ont été révélés.

Netflix en France

En attendant son lancement en France, Netflix a publié de bons résultats pour le premier trimestre 2014. Sur le seul début d'année, il a ainsi engrangé 4 millions de nouveaux abonnés dont 2.25 millions aux Etats-Unis et 1.75 million dans le reste du monde. Avec plus de 35.6 millions de clients américains et 12.7 millions répartis dans la quarantaine de pays où son service de vidéo à la demande est distribué, Netflix se rapproche du cap symbolique des 50 millions d'abonnés.

Par rapport à la même période en 2013, Netflix a ainsi conquis un million de nouveaux clients supplémentaires... en grande partie recrutés à l’international. Si son marché domestique constitue le gros des troupes, Netflix s'internationalise à cadence forcée pour séduire les dizaines de millions d'internautes qui rêvent de streaming illimité à prix cassé.

Après la Scandinavie, le Royaume-Uni ou encore les Pays-Bas, Netflix poursuit sa conquête de l'Europe en ciblant la France et l'Allemagne. Netflix est engagé dans des négociations à deux volets. D'un côté, il lui faut remplir son catalogue pour constituer une offre attractive et correspondant aux goûts du public français, et de l'autre, il discute avec les fournisseurs d'accès.

L'enjeu de ces discussions est stratégique. En France, la grande majorité des vidéos à la demande transitent directement par les Box. Elles sont "intégrées" aux bouquets IPTV des opérateurs sous la forme de services gérés. A l'inverse, des services tels que Youtube distribués en mode "Over The Top" (OTT) sont entièrement tributaires du trafic et du dimensionnement des infrastructures d'interconnexion. Pour être clair, la qualité de service (et l'image de marque) peut dès lors s'effondrer dès que les "tuyaux" ne suffisent plus.

Parallèlement à l'annonce de ses bons résultats, Netflix a indiqué qu'il augmentait ses tarifs de 1 à 2$ par mois pour les nouveaux abonnés (bientôt 8.99 ou 9.99$ contre 7.99$ actuellement). En effet, pour se distinguer de ses concurrents issus de la télévision (chaînes TV) et du web (services de SVOD), Netflix investit beaucoup d'argent sur l'achat de droits exclusifs, la production de contenus maison (les séries House of Cards et Orange is the New Black), et l'amélioration de l'expérience client (moteur de recommandation par exemple). Des dépenses lourdes auxquelles il convient d'ajouter les campagnes marketing et les accords passés avec les opérateurs pour garantir la bande passante (Comcast aux USA et Virgin Media en Angleterre).