Iliad veut rassurer le marché et les investisseurs

23 mars 2010 à 12h17
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h46 -

En 2009, le résultat net du groupe Iliad a bondi de 75% malgré le ralentissement des recrutements chez Free et l'intégration d'Alice.En publiant de solides résultats financiers pour l'année 2009, Iliad veut convaincre les investisseurs que le groupe Iliad est capable de relever les ambitieux défis qu'il devra relever dans les 2 prochaines années.

Malgré la publication d'un chiffre très légèrement en deçà des prévisions des analystes, Iliad confirme son excellente santé financière. Le bénéfice du groupe est ainsi passé de 100 à 175 millions entre décembre 2008 et décembre 2009. Ces très bons chiffres sont le résultat d'une double stratégie menée par l'équipe de Xavier Niel.

En premier lieu, Iliad a intégré à marche forcée le fournisseur d'accès Alice. En transformant l'ex-opérateur Telecom Italia France en marque, Iliad a certes stoppé l'hémorragie financière mais il n'a pas encore réussi à enrayer l'effondrement du parc d'abonnés (- 158 000 clients en 2009). En revanche, les clients Alice sont dorénanant plus rentables...

En second lieu, Iliad a renforcé ses services à valeur ajoutée en misant davantage sur les chaînes optionnelles (à l'unité ou en pack) et sur les services de vidéo à la demande. En 2009, l'arrivée de nouveaux bouquets optionnels payants, et les efforts déployés sur la VoD (Free Home Video, magazine AKTU...) ont largement contribué à augmenter le revenu moyen par abonné.

La rentabilité des freenautes est par ailleurs renforcée par le fort taux de dégroupage (85,4%) rendu possible par le maintien des objectifs de dégroupage de centraux téléphoniques, et par la migration de dizaines de milliers d'abonnés Alice vers le réseau de Free.

Mais derrière ces excellents résultats financiers se profilent pourtant des tendances qui inquiètent les analystes et les investisseurs. Entre le déploiement de la fibre optique et la téléphonie mobile (4ème licence 3G), certains se demandent si le modèle économique d'Iliad sera suffisamment solide.

Les bénéfices générés par le secteur de l'ADSL permettront-ils de financer les lourds investissements qu'Iliad devra concéder pour mettre en place les futurs relais de croissance que sont le FTTH et la 3G ? La question est d'autant plus épineuse que le secteur de l'ADSL est en train de stagner et que les concurrents d'Iliad se "réveillent" comme le montrent les bons résultats de SFR et Bouygues en 2009.

En clair, non seulement Iliad va devoir innover davantage pour continuer de se différencier, mais il va devoir aussi poursuivre le dégroupage pour conquérir de nouveaux clients et augmenter leur profitabilité (en réduisant les coûts de l'offre de gros versée à France Télécom). A partir du second semestre, il faut donc d'attendre à une nouvelle Freebox, davantage de contenus à la demande (vidéo, jeux et services "on demand") mais aussi de nouveaux NRA dégroupés.

A ce sujet, Iliad communique un objectif de 300 à 400 dégroupages par an en 2010 et 2011.L'information n'est pas forcément rassurante puisque cela signifie qu'Iliad ralentirait le rythme du dégroupage puisque plus de 500 NRA ont été effectivement dégroupés en 2009 (et autant en 2008). Iliad commencerait-il à réduire les dépenses dans l'ADSL pour financer les 2000 antennes 3G qu'il compte installer d'ici 2011 et les milliers de kilomètres de fibre qu'il faut tirer pour proposer du FTTH dans les villes ?