Haut débit + télétravail = développement durable

18 décembre 2009 à 10h35
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 17h47 -

A défaut de résoudre à eux seuls la question du réchauffement climatique, le télétravail et les réseaux (très) haut-débit peuvent limiter la pollution et les rejets de gaz à effet de serre.Qui a dit qu'il pleut tout le temps en Bretagne ? C'est faux. Il neige aussi ! Et c'est justement la neige et surtout le verglas qui m'obligent aujourd'hui à ne pas prendre ma voiture et donc à travailler depuis mon domicile.

Alors que le sommet de Copenhague sur le climat échauffe les esprits et refroidit les espoirs de changement des mentalités, cette expérience de "télétravail forcé" est un excellent prétexte pour évoquer la place essentielle des réseaux haut-débit dans les efforts à entreprendre pour contribuer au développement durable.

"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs" prévenait Jacques Chirac en septembre 2002 lors du sommet de Johannesbourg. Mais où sont les extincteurs ai-je envie de dire ? Comment réduire massivement et rapidement les rejets de gaz à effet de serre ? S'il est naïf de croire à une solution "miracle", il est possible de multiplier les initiatives pour changer la donne.

Plusieurs millions de français travaillent aujourd'hui presque exclusivement sur Internet, sur leur ordinateur ou via leur téléphone. En évitant aux salariés de se déplacer jusqu'à leur entreprise, le télétravail participe à la réduction de l’effet de serre en réduisant fortement le nombre de déplacements effectués en voiture. Encore faut-il que les réseaux de communication à haut et à très haut débit soient assez développés pour répondre aux besoins des télétravailleurs.

A quelques kilomètres de Rennes, par exemple, ville pourtant pionnière dans le domaine des technologies de l'information (Minitel, fibre optique/câble, Orange Labs...), nombre de communes ne disposent pas encore d'une couverture haut-débit suffisante.

Les connexions sont parfois bridées par un central téléphonique non fibré (2Mbits/seconde maximum). Quant aux zones blanches (rien à voir avec la neige cette fois-ci !) couvertes par les technologies WiMax et Satellite, elles ne favorisent pas non plus l'efficacité et la portée du télétravail.

Alors que nos voisins européens et nord-américains développent le travail à domicile pour réduire les émissions de CO², la France accuse un réel retard dans ce domaine. Même le Grenelle de l'Environnement n'y a rien fait ! La part de télétravailleurs par rapport à la population active totale atteint 25% aux USA, 13% en Europe mais ne dépasse pas les 7% en France.

Notre situation est d'autant plus paradoxale que notre pays dispose d'une excellente couverture haut-débit en comparaison avec d'autres nations où le télétravail est beaucoup plus courant. Tout n'est pourtant pas négatif !

Dans son rapport intitulé France Numérique 2012, Eric Besson expliquait que grâce à l’économie de l’internet, aux nouveaux modes d’organisation du travail et aux technologies de l’information, "le télétravail devrait être l’un des phénomènes majeurs de ce début de siècle".

Le numérique étant par ailleurs l'une des cinq priorités retenues par le Président de la République dans le cadre du Grand Emprunt National, on peut espérer que le déploiement du très haut-débit incite - par ricochet - les employeurs et les salariés à privilégier davantage le travail à domicile quand cela est possible.