Très haut débit en Outre-mer : plus qu'un défi à relever

5 juin 2013 à 14h19
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h42 -

Lors de la Journée du numérique dans l'Outre-mer, Fleur Pellerin et Victorin Lurel ont redéfini les enjeux du déploiement du très haut débit dans les départements ultra-marins. Des solutions financières pour réduire la fracture numérique.Des territoires particuliers. Le chantier de déploiement du très haut débit en France est estimé à 20 milliards d'euros sur dix ans. Alors que certaines régions sont fibrées depuis 2007, des zones rurales et des territoires isolés n'ont pas encore accès à l'ADSL. Pour combler ce retard, le Gouvernement prévoit un accès haut-débit à tous les Français d'ici cinq ans. Parmi ces territoires isolés, les DOM subissent le plus grand retard, puisqu'ils doivent faire face à une situation géographique très éloignée de la métropole, à leur caractère insulaire et aux conditions climatiques particulières. Le déploiement prend donc du temps et présente un coût plus important que dans l'hexagone.

très haut débit dans les dom

Une hausse des subventions. Comme à l'arrivée du Haut Débit, relever le défi du Très Haut Débit pour tous en Outre-Mer va nécessiter des investissements financiers conséquents. La connectivité internationale suppose effectivement de réfléchir à des liaisons inter îles dans les archipels, mais aussi de continuer le raccordement des DOM aux grands câbles sous-marins intercontinentaux. Pour éviter une nouvelle situation de retard, le Gouvernement vient de proposer une augmentation du taux de subvention pour les territoires ultra-marins qui passe de 30 % à 60 %. Il est en moyenne de 50 % en métropole. Un coup de pouce important pour les collectivités, qui pourront également demander un prêt à très long terme et à très bas taux, avec des différés de remboursement pour financer l'investissement de départ.

Loin des prix de la métropole. Le déploiement du très haut débit dans les DOM va-t-il provoquer une baisse des tarifs ? Aujourd'hui l'échelle de prix des offres internet en outre-mer est plus importante que sur le territoire métropolitain. Par exemple, un forfait ADSL Orange 20 Méga + Téléphone + TV avec la Livebox Play est à 34,90€/mois dans l'hexagone, contre 59,90€/mois chez Orange Caraïbes en Guadeloupe. Les habitants de certains départements d'outre-mer subissent également des coûts élevés à cause d'un manque de coucurrence. En Nouvelle Calédonie, deux opérateurs proposent une offre Triple Play dont Can'L pour 9990 XPF/mois (soit environ 84€/mois). En Polynésie Française, le seul fournisseur d'accès internet disponible est Mana avec une offre ADSL 2 Mo + Téléphone à 14300 FP/mois (soit environ 119€/mois). Des prix exhorbitants pour les métropolitains et significatifs d'une inégalité des Français dans l'accès à Internet.

En ce qui concerne le très haut débit, l'opérateur Zeop a installé son réseau fibre FTTLA à la Réunion, avec une offre jusqu'à 35 méga pour 49.90€/mois. Le Cable Numericable propose également une offre très haut débit sur les îles de la Martinique et de la Guadeloupe à partir de 44€/mois.

Et la 4G dans les DOM ? Le très haut débit mobile pourrait-il être une des solutions pour réduire la fracture numérique dans l'outre-mer ? Il faudra patienter pour connaître la réponse : alors que le déploiement de la couverture 4G s'accélère dans l'hexagone, il n'est pas encore enclenché dans les DOM. L'ARCEP a annoncé une reprise de l'attribution des fréquences d'ici fin 2013. De ces ventes de licences 4G aux opérateurs mobiles, l'Etat espère récolter trois milliards d'euros qui constitueront la part de ses subventions dans le financement du THD en France.

Reste à savoir quels opérateurs seraient intéressés pour investir dans les départements ultra-marins ? A l'exception d'Orange qui est présent en Guadeloupe, à la Réunion, en Martinique et en Guyane, SFR a développé son réseau seulement à la Réunion. En 2006, Bouygues Telecom s'est désengagé en se faisant racheter par le groupe Jamaïcain Digicel. Et quant à Free, il n'est présent sur aucun de ces départements. Malgré une population d'environ 2.5 millions d'habitants sur l'ensemble des collectivités d'outre-mer (équivalent à la ville de Paris), celles-ci ne séduisent pas les opérateurs métropolitains. Des investissements trop importants pour ce vivier d'abonnés ?