Le dégroupage ADSL

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13 août 2019 à 12h32
- Mis à jour le 3 octobre 2019 à 12h57 -

Pour ne plus dépendre de l'opérateur historique Orange (anciennement France Télécom) et de son réseau téléphonique national, plusieurs fournisseurs d'accès concurrents ont déployé leurs propres équipements ADSL "degroupés".

Au 30 juin 2019, le dégroupage concernait environ 15 500 NRA (noeud de raccordement d'abonnés) sur les 20800 centraux téléphoniques. L'ARCEP comptabilise 10,3 millions de lignes téléphoniques dégroupées. Ce chiffre est en forte baisse depuis le début 2017, en raison de la migration des abonnements internet ADSL vers la fibre optique.

Le dégroupage a permis de faire jouer la concurrence sur le secteur au bénéfice du consommateur, mais a aussi engendré une nouvelle fracture numérique, entre les zones dégroupées (privilégiées) et celles qui ne le sont pas encore. Pour le consommateur, le dégroupage du NRA (central téléphonique) a donc un impact important en termes de prix et de services proposés via l'ADSL. Pour déterminer si la zone est dégroupée, il est possible de faire un test d'éligibilité à partir d'un numéro de ligne téléphonique ou d'une adresse.

Le dégroupage par opérateur en octobre 2019

  SFR FREE BOUYGUES
(en propre)
BOUYGUES
(en collecte)
Nombre de NRA dégroupés 10877 14677 3785 8091

 

dslam sur un NRA "montée en débit"
La répartition géographique du dégroupage en France

Si plus de 95% des lignes téléphoniques (et donc des foyers) sont raccordées sur des centraux téléphoniques dégroupés par au moins un opérateur, il est intéressant de remarquer les fortes disparités locales et régionales.

Les centres urbains (Ile-de-France, Côte d'Azur, Lille, Lyon, Bordeaux, Nantes...) sont bien entendu tous dégroupés depuis des années et le dégroupage s'est également largement répandu dans les zones rurales des départements. Mais pas pour tous les départements et encore moins pour toutes les communes.

Les départements qui ont mené une politique d'aménagement numérique de leur territoire sont visiblement avantagés et comptent un fort taux de dégroupage de leurs NRA. Citons par exemple la Manche, le Loiret, les Pyrénées Atlantiques ou encore l'Ardèche et la Drôme qui investissent dans les réseaux d’initiative publique via des partenariats avec Axione ou SFR Collectivités par exemple. A l'inverse, d'autres départements en général ruraux et peu denses sont moins concernés par le dégroupage. C'est le cas de la Lozère, du Gers ou encore du Tarn et Garonne.

Bien que les opérateurs continuent de dégrouper les noeuds de raccordement ADSL, la priorité des investissements est désormais donnée au déploiement de la fibre optique et des réseaux mobiles 4G/5G.