Débit ADSL : tout comprendre à la vitesse de votre connexion Internet

Connexion ADSL à une box Internet
Mis à jour le 3 février 2021 à 16h12 -

Notre guide pour tout comprendre à la vitesse de votre connexion ADSL : du débit bas au bon débit, que peut-on attendre d'un accès Internet sur le réseau cuivre ?

C'est quoi un bon débit en ADSL : 2, 10, 20 Mb/s  ? Si vous avez réalisé un test de débit ADSL, mais ne savez pas quoi penser du résultat, voici un point sur ce que la vitesse que l'on peut avoir avec ce type d'accès Internet. Pouvez-vous espérer un meilleur débit ADSL, ou devez-vous vous estimer bien loti ? La réponse dans ce guide.

Un bon débit ADSL, c'est combien ?

La technologie d'accès Internet en ADSL (pour Asymetric digital subscriber line), affiche, historiquement, un débit qui ne vole pas bien haut. 512 kb/s à son lancement en 1999, ce qui était déjà une avancée considérable comparé aux 56 kb/s délivrés par nos antiques modems bas-débit. Les connexions ADSL ont ensuite été améliorées pour aller taquiner les 8 Mb/s.

Mais ce n'est qu'avec les évolutions de l'ADSL 2, puis de l'ADSL 2+, que les foyers français ont pu en arriver aux débits dont ils peuvent profiter aujourd'hui sur le réseau cuivre. À savoir jusqu'à 15-20 Mb/s en réception et 1 Mb/s en émission pour les mieux lotis. Si vous disposez d'une connexion ADSL classique, inutile, donc, d'espérer dépasser ces plafonds. La moyenne, en 2020, se situait aux alentours de 8 à 10 Mb/s. Et la vitesse de 8 Mb/s est d'ailleurs celle retenue par le gouvernement pour caractériser un foyer disposant d'un "bon haut-débit". C'est-à-dire un débit ADSL suffisant pour une utilisation d'Internet à peu près correcte : navigation, TV en HD, etc...


Quel opérateur propose le meilleur débit ADSL ?

La réponse est simple : tous et aucun... Sur une ligne ADSL, le débit dépend avant tout de contraintes physiques, comme nous le verrons ensuite. Aucun opérateur ne pourra donc s'affranchir des limitations de votre ligne téléphonique et vous proposer un débit véritablement meilleur qu'un autre. Orange, SFR, Bouygues Telecom ou Free, c'est bonnet blanc et blanc bonnet alors ? Pas tout à fait.

En effet, pour améliorer la vitesse de connexion des abonnés ADSL, une évolution de cette technologie a vu le jour en 2013 en France : le VDSL. Et aujourd'hui le VDSL2 avec, à la clé, un débit boosté jusqu'à 90-95 Mb/s en réception et 8 Mb/s en émission, en empruntant la même ligne téléphonique que l'ADSL. À noter toutefois que ces meilleures performances ne sont accessibles que sur des lignes inférieures à 1 200 m. Au-delà, la vitesse du VDSL2 sera équivalente à celle de l'ADSL.

Bien pratique, donc, ce VDSL2, s'il on habite pas trop loin du central téléphonique, aussi appelé NRA pour Nœud de raccordement d'abonnés. Mais attention : tous les opérateurs ne le proposent pas partout. Orange et Free ont ainsi plus largement développé cette technologie d'accès à Internet que SFR et Bouygues Telecom. Pour vérifier si vous pouvez prétendre à de meilleurs débits sur votre ligne ADSL en bénéficiant du VDSL2 chez un autre opérateur, un moyen simple : notre test d'éligibilité Internet.

Test éligibilité ADSL

Il suffit d'y renseigner votre adresse pour connaître instantanément les offres disponibles chez vous et les débits théoriques proposés par les différents fournisseurs d'accès. Et en fonction de la disponibilité ou pas du VDSL2 sur votre ligne, le gain en débit peut être conséquent, comme l'illustre le résultat du test suivant sur une adresse donnée : 

test-debit-adsl (1)

Débit faible en ADSL : pourquoi ?

En France, à fin 2020, 16 millions de Français dépendaient du réseau cuivre pour leur connexion. Mais seuls 6 millions de foyers et entreprises étaient éligibles à ces meilleurs débit en VDSL2. Les autres 10 millions doivent se contenter des performances de leur connexion ADSL classique. Et pour nombre d'entre eux, cela revient parfois à composer avec 5, 2, voire 1 Mb/s en réception sur leur ligne. Mais pourquoi un débit si faible ? 

Ces piètres performances s'expliquent par l'affaiblissement du signal transitant par le câble de cuivre jusqu'au domicile de l'abonné. Ce phénomène, aussi appelé atténuation, est la résultante de deux contraintes physiques :

  • la distance entre votre domicile et le NRA et donc la longueur du câble qui vous y connecte
  • le diamètre de la ou des sections de câbles utilisés pour vous brancher au NRA : plus il est élevé, meilleure sera la transmission du signal

L'unité de mesure utilisée pour quantifier cette atténuation est le décibel (dB). On considère généralement qu'à partir de 65 dB, le débit ADSL ne pourra guère dépasser 2 Mb/s. Le seuil réellement critique se situant à 78 dB : avec un tel affaiblissement, le débit théorique ne pourra pas dépasser 512 kb/s. Et encore, à condition que la ligne en question bénéficie de la technologie ReADSL. Cette dernière permet d'augmenter la puissance du signal et donc de le faire porter légèrement plus loin, avec un gain de distance de 5 à 10%. Dans ces conditions, mieux vaudra probablement se tourner vers une solution d'accès à Internet alternative. Nous en parlons dans les guides ci-dessous :

Des évaluations toutes théoriques, cependant, puisque peuvent également influer sur l'atténuation la vétusté du réseau ou d'éventuels signaux parasites. Si ces derniers engendrent un "bruit", c'est-à-dire des perturbations trop importantes sur votre ligne téléphonique, il se peut d'ailleurs que votre débit ADSL soit volontairement limité par votre fournisseur d'accès. Ceci afin d'augmenter ce que l'on appelle la "marge au bruit", pour garantir la stabilité du signal et ainsi éviter des désynchronisations intempestives de votre box Internet.

La montée en débit : l'ADSL boosté en zone rurale

Quoi qu'il en soit, sur ligne téléphonique très éloignée du NRA, il n'y aura pas de miracle. Celle-ci ne permettra d'escompter qu'un faible débit ADSL, une poignée de Mb/s tout au plus. Une situation insupportable pour les millions d'internautes français longtemps privés d'alternative à leur accès Internet lent, si lent... Raison pour laquelle de nombreuses collectivités ont lancé ces dernières années des programmes de montée en débit sur le réseau cuivre, aussi appelé MeD.

Concrètement, cette initiative consiste à établir une liaison en fibre optique entre les nœuds de raccordement abonné (NRA) et des armoires intermédiaires, les sous-répartiteurs desservant des ensembles d'habitations jusqu'ici trop éloignées. À l'emplacement de ces sous-répartiteurs, de nouveaux NRA sont aménagés, baptisés fort logiquement NRA-MeD.

Schéma explicatif de la montée en débitSource : La Fibre Numérique 59-62

Ce dispositif permet de réduire la longueur de la ligne téléphonique en cuivre entre ces armoires et les habitations. Donc de réduire l'atténuation, et donc mécaniquement, d'augmenter le débit ADSL dont elles peuvent bénéficier. Et même, sur les lignes les plus courtes, de leur faire profiter d'un débit vraiment confortable grâce au VDSL2. À noter néanmoins que si cette montée en débit se fait automatiquement pour les abonnés de certains opérateurs (Free par exemple), auprès de certains fournisseurs, il faudra demander à en bénéficier.

Quand le débit ADSL ne suffit plus

Pour de nombre de foyers ruraux isolés, ces initiatives ont permis d'améliorer sensiblement l'ordinaire connecté. Même si ça n'est pas le Pérou, passer de 2 Mb/s à 10 Mb/s, ça change la vie connectée. Surtout lorsqu'une crise sanitaire vous oblige à rester chez vous tout en faisant face aux besoins du quotidien : travail, études, démarches administratives, consultations médicales... Sans oublier les divertissements...

Les contraintes nées des confinements successifs ont d'ailleurs démontré ce que l'on anticipe depuis quelques années déjà : l'ADSL, même amélioré, va rapidement montrer ses limites. Explosion des usages numériques, contenus nécessitant de plus en plus de débit (TV ou streaming HD ou 4K, jeux vidéo, visio) et utilisations en simultané de la connexion Internet par les différents membres du foyers... L'addition va se révéler de plus en plus conséquente et nécessiter des débits que, rapidement, même un ADSL boosté ne sera plus en mesure de fournir. Les opérations de montée en débit réalisées par les collectivités sont d'ailleurs le plus souvent présentées comme "transitoires", le temps d'attendre l'arrivée de la fibre optique.

Car il ne s'agit pas d'en rester là. L'objectif des pouvoirs publics est ainsi de couvrir l'ensemble des foyers français en Très Haut Débit (30 Mb/s minimum) d'ici à fin 2022. 80% d'entre eux en bénéficieront grâce à la fibre optique, mais une partie des 20% restants devra se tourner vers des technologies alternatives pour obtenir de telles performances. : box 4G, THD Radio, satellite... À moins de conserver son vieil ADSL, en attendant de profiter des avantages de la fibre. Ce sera dans cinq ans au plus tard, conformément à l'engagement pris fin 2020 par le gouvernement : la généralisation de la fibre optique d'ici à fin 2025.

 

 

Vie pratique Reseaux