Le réseau de Rennes Métropole Télécom

21 juillet 2009 à 11h54
- Mis à jour le 21 février 2019 à 13h36 -

Reportage sur l'inauguration du réseau très haut débit de Rennes Métropole Telecom en partenariat avec LD Collectivités et Sogetrel

L'inauguration officielle du réseau très haut débit de Rennes Métropole s'est déroulée ce mardi 6 mai 2008 face à la mairie de Saint-Gilles dans le département d'Ille-et-Vilaine. La cérémonie a été l'occasion pour les responsables locaux de rappeler l'importance de ce réseau pour couvrir les zones blanches, faciliter le dégroupage et préparer la fibre optique qui remplacera progressivement le réseau téléphonique en cuivre de France Telecom.

 

La fibre est tirée devant la mairie !

Tirage de fibre optiqueLe réseau très haut débit de Rennes Métropole démarre donc symboliquement à Saint-Gilles. Et c'est précisément face à la mairie que la toute première chambre technique a été installée. Cette chambre permet d'accéder aux fourreaux de fibre optique du réseau métropolitain.
 

Pour marquer l'occasion, et à défaut de couper la fibre comme on coupe un ruban, la délégation officielle et le public ont pu observer une équipe de la société Sogetrel (partenaire technique de la délégation) en pleine action.

Les techniciens ont procédé à une démonstration de soudure de fibre, puis ont tiré quelques mètres de fibre à l'intérieur de la chambre. Quelques jours auparavant, une tranchée d'une centaine de mètres venait d'être effectuée dans la rue pour relier cette chambre à la dorsale du réseau située à proximité. Une mini-tronçonneuse autotractée a découpé le bitume sur une dizaine de centimètres. Trois gaines de 4 cm de diamètre remplies de 144 fibres ont alors été enterrées et sont finalement accessibles depuis les chambres sur les trottoirs.

Le réseau de Rennes Métropole

En tant que communauté d'agglomération, Rennes Métropole a souhaité se doter d'un réseau très haut débit irriguant bien entendu la capitale bretonne, Rennes, mais également l'ensemble des 36 villes voisines. Ce réseau s'appuie sur une délégation de service public que Rennes Métropole a signé en partenariat avec LD Collectivités et Sogetrel, deux sociétés spécialisées dans la création et l'exploitation de réseaux de télécommunication.

Trancheuse de bitume

Le réseau va reposer sur une dorsale "backbone" de 255 kilomètres de fibre optique qui interconnectera chaque commune. Tous les noeuds de raccordement d'abonnés (NRA) de Rennes Métropole seront donc reliés au réseau. De plus, les habitants accéderont au moins à une offre 2 Mb/s, puisque plusieurs stations WiMax seront bientôt activées pour en finir avec les irréductibles zones blanches.

Rennes Métropole Telecom compte par ailleurs fibrer les 112 zones d'activités recensées près de l'agglomération. Aujourd'hui, seulement 5% des entreprises profitent de la fibre pour leurs communications électroniques. En leur donnant l'opportunité de profiter du très haut débit, Rennes Métropole compte bien entendu améliorer l'attractivité économique du bassin rennais.

Avec cette première chambre technique estampillée Rennes Métropole Télécom, Saint-Gilles inaugure la phase de travaux du réseau métropolitain. Pas moins de 450 autres chambres seront installées d'ici un an, puisque le projet sera totalement opérationnel en avril 2009.

Si les premiers coups de pioche ont effectivement été donnés cette semaine, le projet du réseau très haut débit de Rennes Métropole est dans les cartons depuis 5 ans. Etape par étape, la collectivité a minutieusement préparé le réseau pour ne rien oublier ni personne.

Couvrir les zones blanches et grises

Inauguration DSP Rennes Métropole

L'objectif principal du réseau de Rennes Métropole est de garantir à tous les habitants et à toutes les entreprises une égalité de traitement pour l'accès à Internet. Il convient naturellement de fournir une solution alternative aux internautes situés en zone blanche. Actuellement contraints au bas débit ou au satellite, ils pourront d'ici la fin de l'année s'abonner à une offre WiMax.

Parallèlement, Rennes Métropole Telecom prévoit un débit minimum de 2 Mb par seconde pour tous. En effet, compte tenu des applications disponibles aujourd'hui sur le Web, ce niveau de bande passante est indispensable pour profiter d'une véritable connexion haut débit. Les accès 512 Kbit/s ou 1 Mbit/s sont dorénavant considérés comme du moyen débit.

Norbert Friant souligne ainsi que "14 000 lignes téléphoniques de Rennes Métropole ne supportent pas des débits supérieurs à 2 Mb/s". Cela revient à dire que 7% de la population est aujourd'hui exclue du vrai haut débit, sans parler des problèmes de qualité de service fréquents sur les lignes fortement affaiblies, et éloignées des centraux téléphoniques.

Plus de dégroupage pour plus de concurrence

L'autre cheval de bataille de la communauté d'agglomération est la création d'un réseau de fibre optique ouvert disponible pour tous les acteurs du marché. Les 41 noeuds de raccordement d'abonnés de Rennes Métropole seront reliés à ce réseau très haut débit par lequel les services des opérateurs alternatifs pourront transiter.

L'idée est de favoriser le dégroupage par des FAI tels que Neuf, Free, SFR, Completel ou encore Bouygues en 2009, pour que tous les internautes du bassin rennais puissent jouir des mêmes services et tarifs que dans les grandes métropoles régionales. Grâce à l'intervention publique de Rennes Métropole Telecom, la concurrence face à l'opérateur historique France Telecom Orange devrait être accélérée.

Les tarifs et les services (notamment la TV par IP) sont généralement plus intéressants en zone dégroupée. Rennes Métropole estime que 60 000 lignes supplémentaires seront dégroupables d'ici un an grâce à la mise en place du réseau métropolitain. En clair, un central de 1000 lignes localisé dans une petite commune de l'agglomération bénéficiera potentiellement des mêmes infrastructures qu'un NRA de 20 000 lignes situé en plein cœur de Rennes.

Dynamiser les zones d'activité économique

Chambre technique

A l'heure où Rennes Métropole confirme sa forte attractivité démographique et économique, l'objectif du réseau est de fournir une réponse aux nouveaux besoins des entreprises.

Les réseaux de télécommunications sont un moteur des pôles de compétitivité - comme le pôle de référence Images et Réseaux - et la fibre optique va permettre de lui donner plus de puissance.

Aujourd'hui, une dizaine de zones d'activité seulement est couverte par l'offre ZAE de France Telecom, souvent réservée aux entreprises à fort potentiel et aux grands comptes. Le tracé du réseau de Rennes Métropole prévoit la couverture de l'ensemble des 112 ZA de Rennes Métropole. Toutes les entreprises et les artisans installés dans ces ZAC pourront ainsi profiter d'une offre très haut débit compétitive.

Constituer un patrimoine et préparer la fibre optique

Aux côtés de l'aménagement du territoire et de l'attractivité économique, l'un des objectifs de ce réseau consiste à doter Rennes Métropole d'un outil rentable et disponible sur le long terme. L'infrastructure optique réutilisera une partie des réseaux déjà existants (55 des 255 km). Par ailleurs, l'accord de délégation de service public prévoit une concession de 22 années.

Au terme de cette période, l'ensemble du réseau reviendra automatiquement à Rennes Métropole qui sera libre de l'exploiter et d'en tirer des bénéfices. A noter que Rennes Métropole Telecom en profitera pour fibrer pas moins de 352 sites publics (écoles, mairies, administrations locales...).

Le réseau de Rennes Métropole est également tourné vers l'avenir. Le délégataire a réfléchi aux moyens à mettre en oeuvre pour préparer le passage à la fibre optique chez l'abonné (FTTH). Rennes Métropole est ainsi d'ores et déjà en parfait accord avec les préconisations du Gouvernement et de l'ARCEP pour précâbler les nouveaux immeubles.

Rennes Metropole TelecomLe nouveau quartier de La Courrouze situé dans le Sud Ouest de Rennes prévoit d'accueillir 4500 logements "fibre ready". Rennes Métropole Telecom préparera les fourreaux sur le domaine public à proximité des immeubles. Les lotisseurs ont obligation de respecter le cahier des charges établi et d'inclure les installations utilisées par les FAI pour poser la fibre optique jusqu'à l'abonné.

Si les premiers coups de pioche ont effectivement été donnés cette semaine, le projet du réseau très haut débit de Rennes Métropole est dans les cartons depuis 5 ans. Etape par étape, la collectivité a minutieusement préparé le terrain pour ne rien oublier ni personne.

Faire un état des lieux

Sur la période 2003-2005, Rennes Métropole a commandité plusieurs études pour dresser un état des lieux de la situation du haut débit et des réseaux de communications électroniques sur l'ensemble des territoires dépendant de sa compétence. Des cartes localisant les zones blanches mais aussi les zones "grises" ont montré les fortes disparités entre Rennes et les plus petites villes de la communauté d'agglomération.

Les premières études ont permis par ailleurs de tracer les grands axes du futur réseau. La stratégie de Rennes Métropole était d'étendre la politique d'aménagement du territoire au numérique et d'éviter que les habitants et les entreprises délocalisés par rapport à Rennes ne souffrent d'un handicap au niveau des tarifs, des services et des débits observés dans les zones denses.

Montage administratif du dossier

Bien avant l'installation des premiers mètres de fibre optique, le réseau a tout d'abord dû être constitué sur "papier". Ainsi à partir de décembre 2005, Rennes Métropole a profité de la Loi de Confiance en l'Economie Numerique (LCEN) pour élargir ses compétences administratives aux réseaux de télécommunications à vocation communautaire. En mai 2006, la communauté d'agglomération a validé le principe d'une délégation de service public (DSP) comme mode d'organisation pour la gestion et l'exploitation du réseau à venir.

Grâce au système de concession (affermage), Rennes Métropole devient "opérateur d'opérateurs", c'est à dire que'elle endosse le rôle de grossiste revendant des offres - non pas directement aux abonnés - mais aux fournisseurs d'accès Internet. Les FAI louent les capacités de bande passante et les infrastructures du réseau métropolitain et les utilisent pour commercialiser leurs services aux internautes.

En juillet 2007, le groupement "Vinci-LD Collectivités-Sogetrel-Covage" a remporté l'appel d'offres de Rennes Métropole. L'alliance privée obtient une concession de 22 ans en échange de la création, la gestion et l'exploitation d'un réseau très haut débit couvrant les 37 communes du bassin rennais. Le cahier des charges prévoit que 100% des habitants devront accéder à une connexion haut débit minimum de 2 Mbits/seconde.

Rennes Metropole

Financement et mise en oeuvre

Le réseau très haut débit nécessite un investissement global de 21,6 millions d'euros. Un tiers du financement (plus de 7 millions €) est pris en charge par des fonds publics grâce à des subventions de Rennes Métropole, du Conseil Général 35, de l'Etat (contrat de plan) et du FEDER (Europe). Les quatorze millions restant sont payés par les partenaires privés qui rentabiliseront leur investissement grâce aux 22 années de concession pendant lesquelles ils loueront le réseau aux opérateurs.

De septembre 2007 à février 2008, Rennes Métropole Telecom a planifié le tracé du réseau en concertation avec les élus des communes de l'agglomération. La phase de travaux, consistant à installer les fourreaux et à fibrer les centraux téléphoniques, se déroulera entre mai 2008 et avril 2009.

A propos du WiMax, le délégataire est actuellement en phase de discussion avec les équipementiers spécialisés pour déterminer la solution la plus adaptée à la région rennaise. Un cahier des charges précis doit être élaboré pour déterminer la localisation des futures antennes émettrices. Selon Norbert Friant, responsable TIC de Rennes Métropole : "les 6 stations WiMax utiliseront des points hauts déjà existants pour couvrir les zones blanches, et seront placées en périphérie de Rennes Métropole pour pointer vers l'intérieur du périmètre".

Planning des travaux

Il ne sera pas nécessaire d'attendre la fin des travaux pour qu'une partie du réseau soit déjà actif et exploitable. A priori, les premiers services seront ouverts à la fin de l'été, vers les mois de septembre/octobre 2008. A ce moment, les antennes WiMax seront déployées pour offrir le service minimum haut débit garanti par ondes hertziennes (2 Mbit/s).

Voici le planning prévisionnel des travaux par commune :

  • Mai : Saint-Gilles, Pacé, Cesson-Sévigné, Thorigné-Fouillard
  • Mi-Mai : Acigné, Betton, Chantepie, Montgermont, Noyal-Châtillon-sur-Seiche, Saint-Grégoire, Vern-sur-Seiche, Saint-Jacques-de-la-lande
  • Juin : La chapelle des Fougeretz, Bruz, Le Rheu, L'Hermitage, Rennes, Vezin-le-Coquet
  • Juillet : Chartres de Bretagne, Clayes, Mordelles, Saint Armel, Saint Erblon
  • Août : Bourgbarré, Chavagne, Cintré, Orgères, Parthenay-de-bretagne, Pont-Réan
  • Septembre : Brécé, La Chapelle Thouarault, Chevaigné, Corps-Nuds, Gévezé, Le Verger, Nouvoitou, Saint- Sulpice-la-Forêt

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