5G : encore impossible d'évaluer ses effets sur la santé

28 janvier 2020 à 16h34
- Mis à jour le 28 janvier 2020 à 16h34 -

L'Anses regrette d'avoir trop peu d'informations pour analyser les risques éventuels du futur réseau mobile et de ses nouvelles fréquences. L'agence ne peut pas déterminer les effets sanitaires des ondes émises par la 5G.

Effets de la 5G sur la santé : un énorme point d'interrogation

La 5G arrive bientôt en France (été 2020)  et, avec elle, son lot d'interrogations. Parmi toutes, il y en a une qui revient souvent :  quels sont les effets de la 5G sur la santé ? La question est dans tous les esprits, tellement prégnante que l'Anses,  Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, a été saisi il y a plusieurs mois par les ministères en charge de la santé, de l'environnement et de l'économie, afin de "conduire une expertise sur l'exposition de la population aux champs électromagnétiques découlant de cette technologie et aux éventuels effets sanitaires associés".

Les résultats de l'agence ne seront connus qu'au premier semestre 2021. Ce qui signifie que la 5G sera commercialisée avant même que l'on connaisse son impact sur la santé. En attendant, elle a rendu un rapport préliminaire qui ne fait qu'entretenir les doutes sur les éventuels risques sanitaires liés à la 5G. Pour commencer, elle fait un constat : "La 5G va modifier les modalités d'exposition de la population et nécessitera d'adapter les méthodes de mesures et d'évaluation". Dans la ligne de mire, les fréquences de la 5G, qui seront utilisées lors de sa commercialisation en juillet 2020 ou des années plus tard.

La 5G va utiliser les fréquences de la bande des 3,5 GHz.

Un manque de recul sur les effets sanitaires des ondes émises par la 5G

Deux champs d'expertises prioritaires ont en effet été ciblés afin de faire l'objets d'études approfondies. En premier lieu, les fréquences émises dans la bande des 3,5 GHz. C'est en effet cette bande de fréquences que le réseau mobile 5G va utiliser dans un premier temps. Seulement, jusque là, elle n'a pas été assez exploitée pour avoir suffisamment de recul sur les effets des ondes émises dans la bande des 3,5 GHz. Résultat : l'Anses déplore "un manque de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels". Alors, à défaut de disposer de donner suffisantes, l'Anses va devoir "extrapoler" les résultats d'expertises déjà existantes et réalisées par l'Anses. Avec notamment cette question : l'exposition aux ondes émises dans cette bande de fréquences se rapproche-t-elle de celle de "fréquences légèrement plus basses, par exemple telles que celles utilisées pour les communications WiFi" ? Les ondes WiFi (2,45 GHz) sont celles qui sont les plus proches de la bande des 3,5 GHz et elles ont fait l'objet de nombreuses études. Ce qui pourrait permettre de mieux évaluer l'impact des fréquences de la bande des 3,5 GHz.

Le deuxième champ d'études concerne les fréquences émises dans la bande des 26 GHz. C'est la fréquences des ondes dites "millimétriques". Elles ne serviront pas toute de suite à la 5G, mais dans quelques années, notamment pour la communication entre objets connectés ou pour de la téléphonie mobile dans un périmètre restreint. Concernant ces ondes "millimétriques", "les données disponibles dans la littérature sont plus nombreuses", explique l'Anses. "Les travaux d'expertises s'attacheront donc à les analyser pour évaluer les impacts sanitaires éventuels liés aux expositions dans la bande 26 GHz".

À défaut d'informations fiables et en quantité suffisantes, c'est donc la statu-quo, mais l'agence indique que si son analyse devait laisser apparaître des "effets particulièrement inquiétants", pour l'une ou l'autre des deux bandes de fréquences, elle pourrait recommander une modification des seuils d'exposition à ne pas dépasser.

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