Mobile : après le Brexit, retour des frais de roaming au Royaume-Uni ?

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27 mars 2019 à 11h41
- Mis à jour le 27 mars 2019 à 14h53 -

En cas de Brexit sans accord, les frais d'itinérance mobile pourront faire leur retour lorsqu'on voyage outre-Manche, à confirmé Bruxelles.

La fin des frais de roaming, victime collatérale du Brexit ? Cela pourrait être le cas si le Royaume-Uni finit par sortir de l'Union européenne sans aucun accord. Entre autres (nombreuses), le pays sortirait automatiquement de l'accord sur la fin des frais de roaming entré en vigueur en 2017. Reste à savoir si cela sera répercuté par les opérateurs.

La fin du règlement roaming en cas de Brexit dur

Un Brexit dur, c'est-à-dire sans accord : la perspective pourrait devenir réalité dans quelques jours. Londres n'a en effet que jusqu'au 12 avril pour valider un texte qui lui permettra d'éviter cette issue tant redoutée, et difficile à ce stade de savoir si Theresa May et les parlementaires britanniques parviendront d'ici là à se dépêtrer de cette situation. En attendant, à Bruxelles, on se prépare déjà à l'éventualité d'un "no deal" : un ensemble de notices d'information a été publiée par la Commission européenne, dont l'une porte sur les modalités de voyage au Royaume-Uni en cas de Brexit sans accord.

Parmi les informations distillées dans ces documents, la question de l'itinérance mobile. Les règles permettant aux Européens d'utiliser leur forfait au Royaume-Uni sans surfacturation s'appliqueront-elles encore ? "Non", tranche la Commission : les opérateurs "ne seront plus liés par les règles de l'UE en matières de services d'itinérance", ce qui veut dire qu'à nouveau, ils "pourront appliquer des frais supplémentaires (...) aux citoyens de l'UE qui utilisent des services d'itinérance au Royaume-Uni".

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Brexit et roaming : la balle dans le camp des opérateurs mobiles

Les opérateurs "pourront" à nouveau surfacturer, mais le feront-ils ? C'est loin d'être sûr. Côté britannique, l'un d'entre eux, Three UK, a clamé haut et fort qu'il ne réintroduirait pas de frais d'itinérance pour ses clients voyageant en Europe, quelle que soit l'issue du Brexit. Ses concurrents, comme EE ou Vodafone, pouvaient difficilement faire moins : ils ont eux aussi indiqué que le dénouement du feuilleton ne modifierait pas leur politique en matière d'itinérance mobile.

Pour les Européens, voyageant au Royaume-Uni, ces annonces sont de bon augure. La promesse de statu quo suppose en effet que les opérateurs britanniques continuent à bénéficier de tarifs plafonnés lorsque leurs clients utilisent le réseau des autres opérateurs européens en voyage. Et on voit mal comment Three, EE, Vodafone et consort pourraient continuer à en profiter si, dans le même temps, ils augmentent les prix qu'ils facturent aux autres opérateurs européens lorsque leurs abonnés utilisent le roaming au Royaume-Uni...

Les opérateurs français prudents mais confiants

Nous avons contacté les principaux opérateurs tricolores pour en savoir plus. Ceux qui nous ont répondu restent très prudents pour l'instant, tant la situation reste nébuleuse outre-Manche. Free Mobile nous indique toutefois qu'"aucun changement n'est prévu pour l'instant". Et, n'avoir, à ce stade, "pas la volonté" d'appliquer à nouveau des frais supplémentaire en cas de recours à l'itinérance au Royaume-Uni. De son côté, Orange nous indique être "en pleine période d'observation sur la réorganisation d'un post Brexit". Si l'opérateur historique nous précise qu'à cette heure, il ne "peut garantir que ses abonnés ne paieront pas de frais supplémentaires", il estime également que "les opérateurs britanniques n'ont aucun intérêt à augmenter leurs tarifs".

En tout état de cause, comme au Royaume-Uni, si un opérateur choisit de continuer à inclure le roaming sans frais dans ses forfaits mobiles vers une destination aussi prisée, il sera difficile pour ses concurrents de ne pas s'aligner...

Portabilité des services : des contenus bloqués au Royaume-Uni ?

Enfin, autre conséquence à attendre d'un Brexit sans accord : le règlement européen sur la portabilité des contenus ne s'appliquera plus au Royaume-Uni. Entré en vigueur le 1er avril dernier, cette disposition permet aux abonnés à un service comme Netflix, Spotify ou Steam, de profiter partout dans l'UE de l'abonnement payant souscrit dans leur pays d'origine, sans frais additionnels. 

En cas de sortie brutale du Royaume-Uni, prévient Bruxelles, cette obligation européenne "ne s'appliquera plus aux fournisseurs de contenus payants en ligne dans l'UE27 lorsque leurs clients voyagent au Royaume-Uni". Conséquences : les utilisateurs "pourront ne plus avoir accès aux service souscrits" lorsqu'ils voyagent outre-Manche, "ou  disposer d'un accès retreint (par exemple un catalogue différent)", précise la Commission.