Couverture mobile : voix et Internet en 3G pour les communes en zones blanches d'ici juillet 2017

27 janvier 2017 à 14h56
- Mis à jour le 5 septembre 2019 à 17h09 -

La Fédération française des télécoms vient de livrer un bilan d'étape de son programme de desserte des centres-bourgs. Le déploiement est dans les temps, assurent les opérateurs, qui veulent jouer la transparence.

Ils étaient près de 3 600 à attendre une couverture en voix et Internet mobile et devraient tous en disposer d’ici à cet été. C’est ce que vient d’annoncer la Fédération française des télécoms (FFT), qui comprend notamment Orange, Bouygues Télécom et SFR. En mutualisant leurs installations, les opérateurs de téléphonie (Free inclus) sont parvenus à couvrir plus de 1 000 communes supplémentaires l’an passé (dont près de la moitié en montagne), et en feront presque autant sur le semestre en cours. Une réponse aux sollicitations des pouvoirs publics, qui font de la résorption des zones blanches mobiles une priorité.

Objectif atteint en juillet 2017

Les opérateurs annoncent donc que les 3 582 communes concernées par le programme « zone blanches centres-bourgs » bénéficieront de services voix et Internet mobile en 3G d’ici à juillet prochain. Résultat d’un programme de déploiement qui a permis de desservir 1 064 communes supplémentaires l’an passé, portant le total à 2 624 fin 2016 (soit 73% de l'objectif, contre 57% en octobre 2016 selon l'Arcep, voir ci-dessous). Et le rythme « accélère » cette année : 958 nouveaux centre-bourgs seront desservis en seulement sept mois. Une couverture à chaque fois fournie, sur ces territoires, « de manière mutualisée par au moins trois opérateurs », précise la FFT.

Observatoire zones blanches Arcep en octobre 2016: carte des mesures de zones blanches centres bourgs


A noter que l’Arcep évoque pour sa part l’objectif de 100% de couverture pour 3800 centres-bourgs identifiés comme problématiques, et non 3 582. Un différentiel qui résulte de l’ajout, de l’initiative des opérateurs, de 230 communes déjà partiellement couvertes (par au moins un opérateur), et incluses par l’Arcep dans son décompte, mais qui ne figuraient pas dans l’engagement initialement pris, nous a précisé la FFT. Cette dernière indique au passage que, pour environ 300 communes, le déploiement reste tributaire de l’installation d’un pylône par les collectivités. Une fois l’infrastructure mise en place, les opérateurs disposeront d’un délai de six mois pour proposer une couverture effective, conformément aux règles édictées par l’Arcep.

Par ailleurs, l’identification des communes à problème est toujours en cours, avec une troisième campagne de mesures menée depuis octobre 2016, et qui devait être finalisée en début d’année.

France THD : carte des mesures de zones blanches centres bourgs



Effort sur les communes de montagne

L’association des opérateurs faisait ce point à l’issue de la première réunion du comité de suivi sur la couverture mobile de l’Association nationale des élus de montagne (ANEM). Des édiles concernés au premier chef par les questions d’absence de réseau (comme le suggère la carte ci-dessus, proposée par France THD mi-2016), et auxquels le lobby des télécoms avait des résultats rassurants à présenter. 427 centres-bourgs supplémentaires ont été couverts en 2016, et 489 de plus le seront d’ici cet été.

La fédération française des télécoms et les zones blanches

La FFT souhaite, au passage, se montrer transparente en annonçant la publication, tous les mois sur son site, d’un « état précis » de la progression des déploiements, « en particulier dans les territoires de montagne ». Et de rappeler les inaugurations d'installations en 2016, à Viella (Hautes-Pyrénées) et Faucompierre (Vosges), en attendant Lercoul (Ariège) le 2 février, Marcols-Les-Eaux (Ardèche) le 16 février, La Thuile (Savoie) le 24 février, puis en Haute-Corse en mars.

Les sites stratégiques aussi

Mais il n’y a pas que les centres-bourgs : de nombreux espaces nécessitent une amélioration rapide de leur couverture mobile au regard de leur importance économique, touristique ou pour des questions de sécurité. Les opérateurs se sont engagés, aux côtés des pouvoirs publics, à améliorer la couverture voix/Internet sur ces sites « prioritaires ». Un programme visant à en identifier 1 300 a été lancé l’an dernier, qui doit déboucher sur 260 nouvelles implantations par an.

Plate-forme France Mobile

Avec un outil pour en faciliter le signalement par les élus, la hiérarchisation et le traitement : la plate-forme France Mobile, qui a vu le jour en fin d’année dernière. Pour rappel, quelque 250 dossiers ont été déposés dans le cadre des deux premières vagues d’appels à projet, dont 53 déjà validés.

Opération séduction

Parfois accusés de traîner des pieds face à leurs obligations en matière de déploiement, les opérateurs entendent ici donner quelques gages de leur implication. Ils réaffirment ainsi leur « détermination » à « lutter contre la fracture numérique dans les territoires », et en soulignant, à cet égard, leur « démarche continue de dialogue et de transparence ». Avec les citoyens, et surtout les élus, alors que se profile une année marquée par plusieurs scrutins majeurs.

La FFT n’omet d’ailleurs pas de rappeler les 2,3 milliards d’euros qu’investissent chaque année ls opérateurs sur le seul volet téléphonie mobile. A l’image de SFR et Bouygues sur la 4G, des efforts ont été indubitablement réalisés ces derniers mois, aussi bien en mobile qu’en fixe. En espérant que ce coup de collier permettra de créer un environnement de confiance avec les pouvoirs publics et les nouvelles équipes qui prendront leur fonction en mai et juin prochains...