Free Mobile : l'espoir mais aussi les risques

30 octobre 2009 à 11h06
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 17h24 -

L'espoir soulevé par l'arrivée du trublion dans la téléphonie mobile ne doit pas faire oublier les défis et les contraintes que Free devra gérer pour rentabiliser ses investissements.L'histoire se répète. Après sa première tentative ratée en 2006, Free retente sa chance. Il est de nouveau le seul candidat à avoir déposé un dossier pour obtenir la 4ème licence de téléphonie mobile. L'arrivée d'un nouvel entrant est globalement perçue comme une excellente nouvelle pour faire bouger le secteur (et baisser les prix). Mais, attention aux excès d'enthousiasme !

La route pour Free Mobile va être longue et parsemée d'embûches. Maintenant que la première étape du dépôt du dossier auprès de l'ARCEP est franchie, Free va devoir patienter et espérer que son projet sera suffisamment crédible pour obtenir le précieux sésame du Gendarme des Télécoms.

Vu que Free est le seul candidat en lice, le délai de réflexion de l'ARCEP sera raccourci. Le président de l'ARCEP évoque même une réponse pour la fin de l'année. Si Free obtient la quatrième licence 3G, il pourra alors commencer immédiatement à déployer son réseau en France.

Le déploiement des infrastructures de Free Mobile ne signifie pas pour autant la commercialisation d'une gamme de forfaits pour les particuliers. Dans un premier temps, en moins de deux ans pour être précis, Free aura l'obligation d'installer environ 3000 antennes GSM pour couvrir 25% de la population.

Pour cela, l'opérateur devra sans aucun doute passer des accords avec d'autres sociétés telles que la SNCF, ERDF ou TDF pour louer des emplacements tout comme doivent le faire Orange, SFR et Bouygues. En revanche, les risques de retard - voire de blocage - de déploiement sont significatifs au vu de la multiplication des procédures juridiques engagées contre les opérateurs (antennes-relai, principe de précaution...).

L'aspect financier ne devrait pas être un souci pour Free. Ces dernières années, sous la houlette de Xavier Niel, le FAI a rempli son bas de laine ! La trésorerie du FAI est largement dans le vert et le "cash flow" généré directement par son activité ADSL lui permet de réinvestir sereinement.

Free devra néanmoins faire attention. Il ne faudrait pas que les revenus de l'ADSL ralentissent, sous peine de fragiliser le développement de l'activité mobile. Pour cela, Free compte sur le succès de son offre Freebox et sur les économies engendrées par le déploiement de la fibre optique jusqu'à l'abonné (FTTH). Dans ce dernier cas, Free n'aurait plus à rétribuer France Télécom pour la location de la boucle locale cuivre (ADSL).

Paradoxalement, pour maintenir son "cash flow", Free doit multiplier les dépenses dans l'ADSL pour étendre davantage sa couverture en dégroupage, mais aussi en innovant (nouveaux contenus, Freebox v6 ?) pour se différencier de la concurrence. Quant au FTTH, il nécessitera jusqu'à 1 milliard d'euros dans les 3 prochaines années.

"Nous disposons de 580 millions d'euros de cash en réserve [...] à cela s'ajoutent des lignes de crédit non tirées" précise Thomas Reynaud, le directeur financier de Free. Nul doute donc que Free a les moyens de ses ambitions. La vraie difficulté pour Free sera de s'imposer rapidement sur le marché du GSM et de la 3G.

Pour la téléphonie mobile 2G, Free devra sortir des sentiers battus en proposant mieux pour moins cher s'il veut séduire. Pas si simple, car les coûts d'acquisition des clients (publicité, reprise d'engagement...) et les coûts d'exploitation du réseau (mise en place d'un réseau de boutiques, hotline, roaming avec les autres opérateurs) seront élevés.