3G : ça se complique pour Free Mobile

9 juillet 2010 à 17h34
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h24 -

Numericable et Virgin mobile craignent que l'ARCEP et l'Autorité de la Concurrence obligent les opérateurs historiques à partager leurs réseaux 3G à Free Mobile.Dans une lettre adressée au président de l'ARCEP, Numericable et Virgin Télécom se plaignent de l'avis de l'Autorité de la Concurrence qui souhaite que Free Mobile bénéficie d'un accord d'itinérance 3G alors que celui-ci n'était justement pas prévu dans les termes de la 4ème licence obtenue par Iliad. Rappel des faits.

L'année dernière, Numericable et Virgin Mobile se sont intéressés à la quatrième licence de téléphonie mobile avant de jeter l'éponge en estimant que trop d'incertitudes planaient sur les conditions de déploiement du futur réseau. Seul candidat en lice, Free avait alors logiquement obtenu le précieux sésame pour chasser sur les terres d'Orange, SFR et Bouygues.

Mais la situation est loin d'être aussi simple. En effet, si la licence délivrée par l'ARCEP oblige les opérateurs déjà en place à louer leurs réseaux 2G (GSM, Edge/GPRS) à Free, pour ne pas fragiliser davantage sa position de nouvel entrant, aucun accord d'itinérance n'est obligatoire en ce qui concerne l'Internet mobile 3G.

Traduction : Free Mobile serait en mesure de proposer des forfaits Voix grâce aux antennes installées par d'Orange/SFR/Bouygues mais il devra disposer de son propre réseau pour commercialiser des offres 3G partout en France.

Craignant que ces conditions d'accès restrictives pénalisent Iliad, l'Autorité de la Concurrence a publié un avis le 15 juin dernier stipulant que Free Mobile, devrait "bénéficier rapidement d'une prestation d'itinérance, non seulement sur les réseaux 2G mais aussi sur les réseaux 3G, afin qu'il puisse efficacement concurrencer les trois opérateurs de réseaux mobiles déjà installés".

Pour les PDG de Numericable et Virgin, "une modification a posteriori des conditions de l'autorisation [licence] serait une rupture d'égalité entre les différents candidats potentiels". Pierre Danon et Geoffroy Roux de Bézieux précisent d'ailleurs dans leur lettre (publiée par Les Echos) qu'ils reconsidéreraient leur position si un tel changement devait avoir lieu.