Le réseau 4G sature, le salut viendra de la 5G, selon Opensignal

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20 février 2019 à 16h41
- Mis à jour le 20 février 2019 à 16h47 -

Une nouvelle étude d'Opensignal met en évidence la congestion des réseaux 4G, en particulier dans les grandes villes. Pour préserver les débits, l'apport de la 5G sera déterminant.

Les performances de la 4G pâtissent de la congestion des réseaux, selon une étude réalisée par le spécialiste de l'analyse des réseaux mobiles Opensignal. Cette dernière souligne les fortes variations de débit rencontrées par les utilisateurs en fonction des moments de la journée, avec des débits moyens parfois divisés par deux, trois, voire cinq aux heures de pointe selon les pays. Pour Opensignal, l'arrivée de la 5G permettra d'enrayer cet effet yo-yo.

4G : les débits flanchent aux heures de pointe

Le constat n'est pas nouveau, et a pu être fait par de nombreux utilisateurs de téléphonie mobile. Aux heures de fort trafic, notamment le soir, les débits 4G observés à d'autres moments de la journée ne sont pas forcément au rendez-vous. La faute, notamment, à la forte consommation de contenus multimédia gourmands en bande passante une fois la journée de travail ou d'école terminée.

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L'étude « The 5G Opportunity »  permet de se faire une idée plus précise de cette baisse de qualité de service : en moyenne sur les 77 pays examinés, la performance est divisée par 2 entre l'heure où le réseau est le plus disponible et celle où il est le plus congestionné. Dans certains pays, comme l'Irlande, le Chili, l'Uruguay, les données remontées par les utilisateurs de l'application Open Signal font état de débits divisés par 3, et même par 5 en Biélorussie, où le plus gros écart a été relevé (32 Mb/s). Même les pays les mieux équipés en 4G n'échappent pas au phénomène, avec des plongeons de 15 Mb/s aux heures de fort trafic en Corée du Sud, à Singapour, en Norvège ou aux Pays-Bas.

Les débits 4G en France plongent à 22h

Qu'en est-il côté Français ? Là aussi, les variations son conséquentes. Le réseau 4G se révèle en moyenne deux fois moins performant l'heure la plus dense de la journée, c'est-à-dire 22h. On observe à cet instant un débit moyen en 4G de 20,2 Mb/s, contre 43,3 Mb/s aux heures les moins engorgées.

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Les grandes villes n'échappent pas au phénomène, bien au contraire. Sur l'ensemble des métropoles mondiales prises en compte, Paris se distingue d'ailleurs comme celle affichant l'écart le plus important entre le débit minimum et maximum dans une même journée. Estimé à 51,4 Mb/s aux heures les plus propices, le débit plafonne à 21,4 Mb/s en période de forte affluence, pour un débit moyen de 29,4 Mb/s sur 24h.

La 5G pour stabiliser les débits mobiles

« L'évolution de l'Internet mobile va rendre ces fluctuations intenables », prévient Opensignal. Pour qui l'inconstance des débits pourrait par exemple rendre certains services inutilisables (Ultra HD, réalité virtuelle) précisément aux moments où ceux-ci seront le plus demandés. C'est là que la 5G doit entrer en scène, avec non seulement des débits améliorés, mais surtout des capacités d'absorption bien supérieures. En s'aventurant pour la première fois dans les hautes fréquences, les services de téléphonie mobile se donneront ainsi les moyens de supporter « plus d'utilisateurs en simultané et plus de données à des vitesses très élevées », prédisent les auteurs de l'étude.

Il faudra toutefois attendre 2020 au minimum pour jauger des bienfaits du nouveau standard mobile, toujours en phase d'expérimentation. En France, de nombreux tests sont en cours, répertoriés sur notre carte 5G