La 5G est-elle dangereuse pour la santé ?

La 5G représente-t-elle un danger pour la santé ?
7 octobre 2020 à 17h18
- Mis à jour le 3 novembre 2020 à 11h47 -

Le réseau mobile 5G va permettre d'absorber la croissance exponentielle du trafic mobile et annonce une révolution des usages dans les années à venir. C'est très bien. Mais on en oublierait presque de se poser une question essentielle : la 5G représente-t-elle un danger pour la santé ?

3 questions sur les dangers de la 5G

5G et santé : que disent les études ?

En 2011, l'OMS a qualifié les ondes électromagnétiques comme peut-être cancérogènes pour l'homme. Mais, la recherche n'a pas pu établir de lien de cause à effet. En France, des études sur la 5G sont en cours, mais elles semblent exclure un quelconque danger de la 5G sur la santé. Au moins à court terme.

La 5G émet-elle plus d’ondes que la 4G ?

La 5G va mécaniquement faire augmenter le niveau d'exposition aux ondes. C'est normal, puisqu'on rajoute de nouvelles fréquences et que notre consommation d'internet mobile augmente. Mais, à quantité égale de data, la 5G émettra moins d'ondes que la 4G et fera diminuer les risques liés aux rayonnements. Car le traitement du signal est différent.

Les smartphones sont-ils plus dangereux que les ondes de la 5G ?

De l'avis de nombreux spécialistes, ce n'est pas tant les ondes de la 5G ou de la 4G qui représentent un danger pour la santé, mais plutôt le téléphone mobile. La différence de niveaux d’exposition entre un téléphone mobile, une personne et les antennes relais, est très élevée, de l’ordre de cent ou mille fois plus élevé pour le téléphone mobile.


La 5G fait l'objet d'un débat passionné. D'un côté, il y a ceux qui sont contre. Ils dénoncent le modèle de société qu'elle incarne et son absence d'utilité, comme le maire de Grenoble, Eric Piolle, qui assure que "la 5G servira à regarder du porno dans l'ascenseur en HD". Ils martèlent qu'elle représente également un danger pour la santé et l'environnement. De l'autre, il y a les pro 5G, en tête desquels le Président de la République Emmanuel Macron qui a fait de la 5G un enjeu du plan de relance de l'économie française, durement touchée par la crise sanitaire de la COVID-19 et compare les anti-5G à des "Amish" qui préféreraient "le retour à la lampe à huile".

D'un côté comme de l'autre, avouons-le, parfois, ça ne vole pas très haut. Surtout, ça dessert la 5G, qui, avouons-le aussi, mérite un débat à la hauteur des enjeux qu'elle représente. La 5G fait peur et les craintes qu'elles soulèvent sont légitimes, quoique pas toujours justifiées. C'est pourquoi nous avons humblement décidé de prendre un peu de hauteur sur le sujet et tenté de comprendre si, oui ou non, le réseau mobile 5G représente un danger pour la santé.

5G et santé : que disent les anti-5G ?

Le débat sur les dangers potentiels de la 5G sur la santé n’est pas nouveau. Il date même de septembre 2017, quand plus de 180 scientifiques et médecins de 37 pays ont demandé pour la première fois un moratoire sur le déploiement de la 5G, "jusqu’à ce que des études d’impact sanitaires et environnementales sérieuses et indépendantes aient été réalisées préalablement à toute mise sur le marché". Dans un texte intitulé "EU 5G Appeal", et sur lequel s’appuient aujourd’hui de nombreux anti-5G, scientifiques et médecins alertent sur de "potentiels graves effets sanitaires de la 5G". Mais, au fait, quels sont leurs arguments ?

  • La 5G conduira à une augmentation générale massive de l’exposition aux ondes "à laquelle personne ne pourra se soustraire".
  • Les dangers de l’exposition aux champs électromagnétiques de radiofréquences "ont déjà été démontrées". Sur ce dernier point, le "EU 5G Appeal" assure s’appuyer "sur de nombreuses études scientifiques récentes qui ont démontré que ces champs électromagnétiques affectent les organismes vivants à des niveaux d’exposition bien en dessous des valeurs limites internationales". Et d’assurer que "ces effets accroissent le risquer de cancer, le stress cellulaire, augmentent (…) l’apparition de dommages génétiques, de changements structurels et fonctionnels du système reproductif, de déficits d’apprentissage et de mémoire, de désordres neurologiques et d’impacts négatifs sur le bien être". Dont acte.

Seulement, d’après l’Anses (l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire), "certains articles ne présentent pas les données scientifiques disponibles de manière équilibrée". Chercheur à l’Irset (Institut de recherche en santé, environnement et travail), Yves le Dréan, complète : "Les résultats de ces travaux sont souvent contradictoires, et ces effets sont observés à des niveaux d’exposition supérieurs aux normes réglementaires".

Alors, pour tenter de savoir si la 5G représente ou non un danger pour la santé, Ariase s'est penché sur la question. Nous avons consulté une partie des très nombreuses documentations qui existent sur le sujet et pris l'avis de nombre de spécialistes indépendants. Voici ce qu'il en retourne.

Que dit l’OMS ?

En 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence spécialisée de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a fait un classement des agents cancérogènes, probablement cancérogènes, peut-être cancérogènes, inclassables, et non cancérogènes.

Dans ce classement, les ondes électromagnétiques, sont classées dans la catégorie des agents peut-être cancérogènes pour l’homme, au même titre que les fumées de moteur et le fioul mais aussi… l’Aloe vera et les légumes en saumure. Cette catégorie concerne les agents pour lesquels on dispose d'indications limitées ou insuffisantes de cancérogénicité chez l'homme. "Cette classification signifie qu’il pourrait y avoir un risque, et qu’il faut donc surveiller de près le lien possible entre les téléphones portables et le risque de cancer", précisait le CIRC. Toutefois, l’OMS précisait aussi que "la recherche n’a pas pu fournir des données étayant une relation de cause à effet".

En clair, il y a près de 10 ans, l’OMS concluait que le risque existe mais qu’il n’a pas encore été prouvé et il faut donc continuer à mener des études sur le sujet, ce que n’ont pas manqué les agences de sécurité sanitaires du monde entier.

5G et santé : ce que disent les agences françaises

L’ANSES, c’est l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire. En France, elle fait donc figure d’autorité. Elle a été chargée par le gouvernement de "conduire une expertise sur l’exposition de la population aux champs électromagnétiques découlant de cette technologie (la 5G, Ndr) et aux éventuels effets sanitaires". Ses conclusions sont attendues dans le courant du 1er trimestre 2021.

En attendant, l’ANSES a rendu un rapport préliminaire dans lequel elle indique qu’il lui est impossible de déterminer les effets sanitaires des ondes émises par la 5G. En clair, de dire si la 5G représente un danger pour la santé. L’ANSES regrette le "manque de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels". Dans ce rapport, elle identifie malgré tout "deux champs d'évaluation des risques distincts" correspondant aux deux nouvelles bandes de fréquences 5G, autour de 3,5 GHz et de 26 GHz, "dont les modalités d’exposition sont différentes". La première sera utilisée dès la commercialisation de la 5G, la seconde ne le sera pas avant 2023.

Le 1er juillet, alors qu’il était entendu devant la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, Olivier Merckel, chef de l'unité Évaluation des risques liés aux agents physiques de l'Anses a prévenu : "On ne pourra donner de réponse tranchée". "On ne peut pas démontrer qu'il n'y a pas de risque lié à une technologie. Ce n'est pas possible. On essaye de caractériser au mieux les données disponibles, les incertitudes qui y sont associées", a-t-il poursuivi.

Il a toutefois tenu à se montrer rassurant : "Tous les travaux menés jusqu'à maintenant par l'Anses n'ont pas mis en évidence de risque avéré lié à l’exposition aux antennes relais de téléphonie mobile". En outre, l'Anses "ne voit pas en quoi les signaux de la 5G seraient fondamentalement différents et plus dangereux que ceux de la 4G. Même si la transmission des signaux s'effectue avec un autre codage, cela ne change pas grand-chose à l'interaction entre les champs électromagnétiques et le vivant. Ce qui interagit avec le corps humain, c’est l'onde électromagnétique, l'énergie transportée et la manière dont elle est déposée dans le corps : répétée, en continu, hachée… Sur ce point, la 5G ne sera pas différente de la 3G ou de la 4G".

Dans l’attente de résultats de l’ANSES, l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) a remis, en septembre, un premier rapport au gouvernement sur l’impact sanitaire de la 5G. Il conclut à une "absence d’effets sanitaires spécifiques à la 5G", en dessous des valeurs limites d’exposition. Le rapport se base sur les conclusions des agences de 22 pays, comme l’ANFR en France, qui ont effectué des relevés sur les niveaux d'exposition aux ondes électromagnétiques. Elles ont obtenu des résultats 50 à 1.000 fois inférieurs aux seuils réglementaires.

Focus sur la bande de fréquences des 3,5 GHz

En France, la 5G sera tout d’abord déployée dans la bande des 3,5 GHz. Selon Olivier Merckel, "on a beaucoup de données qui correspondent jusqu'à environ 2,5 GHz, mais à 3,5 GHz, on n'a rien parce qu'on a très peu de déploiement dans cette bande". Or, "les ondes interagissent très différemment avec le vivant selon les longueurs d'onde".

De son côté, Yves Le Dréan, chercheur à l’Irset, estime qu’à 3,5 GHz, "on est très proches des ondes qui sont actuellement utilisées par le WiFi". "Donc, tout ce qu’on connaît sur l’impact sanitaire ou les effets biologiques de ces ondes peuvent être extrapolées sans qu’on se trompe énormément", dit-il. A l’en croire, donc, la 5G dans la bande des 3,5 GHz ne devrait pas représenter un danger pour la santé. Pas plus que le WiFi, en tout cas.

Les ondes de la 5G ne représentent pas un danger pour la santé

Focus sur la bande de fréquences des 26 GHz

Dans les années à venir, mais pas avant 2023, la 5G utilisera la bande de fréquences des 26 GHz, celles des ondes millimétriques. Elles n'ont encore jamais été utilisées dans le secteur des télécommunications civiles et on ignore l'effet de ce type de radiofréquences sur la santé. On peut néanmoins avoir une petite idée de la manière dont elles se comportent.

À en croire Gilles Brégant, le directeur de l’ANFR, à 26 GHz, "l’interaction est assez superficielle avec le corps humain". Olivier Merckel, de l’ANSES, est encore plus précis : "À partir de 10 GHz, l'énergie électromagnétique ne pénètre pratiquement plus dans le corps". 99% des rayonnements seraient absorbés par la peau. En effet, plus les fréquences sont élevées, moins les ondes pénètrent profondément dans le corps. "Les ondes du rayonnement 5G seront absorbées par la peau et l’œil, mais leur énergie est trop faible pour casser l’ADN et détruire les cellules. Le seul risque avéré des ondes 5G est d’échauffer de façon excessive ces tissus", explique Isabelle Lagroye, spécialiste des effets biologiques et toxicologiques des radiofréquences sur le vivant.

À défaut de pénétrer dans le corps, l’énergie électromagnétique se concentre au niveau de la peau. Ce qui "pose des questions différentes en matière d’effets potentiels de la 5G sur la santé", avance Olivier Merckel. Voilà pourquoi l’IGAS, dans son rapport, précise "le recours ultérieur à la bande autour de 26 GHz amènera des effets nouveaux restant à documenter". Mais, sur ce point, là encore, Isabelle Lagroye se montre rassurante : "Dans la mesure où l’exposition reste en deçà des limites autorisées, cet effet (l’échauffement des tissus, Ndr) ne devrait pas être observé. Toutes les études rigoureuses effectuées dans ces conditions n’ont suggéré aucun effet pour la santé".

Ce qui fait à Yves Le Dréan, chercheur à l’Irset, qui mène justement des études sur cette bande de fréquences : "À court terme, il n’y a aucun risque". En revanche, pour des effets à long terme, il avoue qu’il ne peut pas se prononcer.

C'est quoi le problème avec les ondes électromagnétiques ?

Nous utilisons au quotidien des appareils qui émettent ou reçoivent des radiofréquences, comme nos téléphones portables, nos box internet connectées en WiFi, notre compteur Linky, ou encore notre bonne vieille radio FM pour ceux qui en possèdent encore une. Le problème de ces ondes électromagnétiques, c’est qu’elles ne font pas de détour quand on se trouve sur le chemin. Elles nous traversent donc en permanence. Voilà pourquoi elles suscitent autant d’inquiétudes.

Et, c’est vrai que certaines ondes électromagnétiques sont loin d’être inoffensives. Seulement, elles n’ont pas toutes le même pouvoir de nuisances. En fait, leur dangerosité dépend de leur fréquence : plus la fréquence est élevée, plus l’onde transporte d’énergie et plus elle est dangereuse pour la 5G, car elle est plus profondément absorbée par les tissus. On distingue deux types d’ondes : les ondes ionisantes et les ondes non-ionisantes.

Les ondes non-ionisantes, comme les fréquences de la 5G ne représentent pas un danger pour la santé

Les premières, les ondes ionisantes, ce sont les plus dangereuses et elles peuvent provoquer certains types de cancers. Ce sont les rayons gamma, émis par des produits radioactifs, ou les rayons X, utilisés en médecine quand on passe une radio ou un scanner, ou pour tuer des cellules cancéreuses dans le cadre d’un traitement pas radiothérapie. Les ultraviolets comptent aussi parmi les ondes ionisantes.

Puis, il y a les ondes non-ionisantes. Elles sont moins dangereuses et donc plus inoffensives, car elles se situent plus bas dans le spectre électromagnétique. Il y les basses fréquences, utilisées par exemple par les lignes électriques, les rayonnements infrarouges, utilisées pour faire fonctionner une télécommande ou un détecteur de mouvement, une partie des ultraviolets naturels issus du soleil et atteignant la terre (UVA et UVB), et donc les radiofréquences, utilisés par le WiFi ou encore les réseaux de téléphonie mobile.

L’énergie transportée par les ondes non-ionisantes n’est pas suffisante pour abîmer les tissus, ce qui semble exclure la possibilité de provoquer un cancer. Elles peuvent en revanche provoquer un échauffement des zones du corps qui y sont exposées. Car les ondes ont pour propriété d’agiter les molécules d’eau, et donc de les échauffer. C’est le principe du four micro-ondes. Or, notre corps est rempli de molécules d’eau. Voilà pourquoi vous pouvez chauffer le corps humain avec ces ondes. C’est pour ça, pour éviter ces phénomènes d’échauffement, qu’il y a des normes drastiques avec des seuils d’exposition aux ondes à ne pas dépasser.

Le principal effet des ondes électromagnétiques sur le corps humain est donc de nature biologique, thermique plus particulièrement. C’est important de le préciser. Car effet thermique n’est pas forcément synonyme d’effet sanitaire, c’est-à-dire qu’il ne met en cause la santé des personnes. En effet, un effet biologique signifie que l’organisme s’adapte aux variations de son environnement. C’est une réaction physiologique normale et réversible, comme la pratique du sport qui fait monter la température de notre corps.

Voilà pourquoi, à en croire la science, la 5G ne représente pas, jusqu’à preuve du contraire, un danger pour la santé.

Il existe de nombreuses craintes sur les effets potentiels de la 5G sur la santé

La 5G émet-elle plus d’ondes que la 4G ?

C’est l’une des craintes majeures des anti-5G. Ils en ont même la certitude. Selon eux, la 5G représente un danger pour la santé et "personne ne pourra s’y soustraire".

Ce qui est sûr, "c’est que l’ajout de la 5G augmentera l’exposition globale des utilisateurs de cette nouvelle technologie", reconnaît Gilles Brégant, directeur de l’ANFR. C’est d’une logique implacable : on rajoute des fréquences.

Si on rajoute des nouvelles bandes de fréquences avec la 5G, c'est d'abord pour éviter la saturation des réseaux. Car, dans les années à venir, notre consommation de données numériques ne va pas cesser d’augmenter, elle va même exploser. Selon Orange, cette augmentation est de l’ordre "de 40% à 50% chaque année". D’ici à 2025, un utilisateur sur cinq consommera 200 Go de data tous les mois, contre 10 Go en moyenne aujourd’hui. Notre niveau d’exposition aux ondes va donc aussi mécaniquement augmenter. Ce n’est tant pas la technologie de la 5G qu’il faut blâmer, mais plutôt notre consommation d'internet mobile, et les anti-5G ont tort de dire que personne ne pourra s’y soustraire.

Certes, le déploiement de la 5G va nécessiter, à termes, le déploiement d’un plus grand nombre d’antennes. Mais, elles devraient faire diminuer les risques liés au rayonnement. Car, le traitement du signal est différent. En effet, contrairement aux antennes 4G, qui fonctionnent comme un lampadaire et émettent dans toutes les directions, les antennes 5G permettent de faire converger les ondes émises vers un utilisateur en particulier. Il s’agit d’antennes directives, qui agissent comme un phare directionnel. Mieux encore, elles n’émettent pas en permanence, seulement quand cela est nécessaire, à la demande d’un utilisateur.

Donc, non seulement il sera possible de se soustraire aux ondes de la 5G, mais en plus, à quantité de data égale, la 5G émettra moins d’ondes que la 4G. Pour faire simple, la hausse de notre niveau d’exposition aux ondes est une fatalité si on consomme toujours plus d’internet mobile. Mais, l’ANFR note que "l’augmentation de l’exposition due à la 5G en bande 3,5 GHz resterait modérée", et moins importante que si nous optimisions le réseau 4G.

Les ondes émises par la 5G dépassent-elles le seuil légal autorisé ?

Le 10 avril 2020, l’ANFR a émis un rapport sur l’exposition aux ondes électromagnétiques avec la 5G. Cette étude a été faite avec des mesures réalisées sur la bande de fréquences dédiée à la 5G : celle des 3,5 GHz. Ces tests ont été menés dans plusieurs villes déjà équipées d’antennes 5G, installées par les différents opérateurs dans le cadre d’expérimentations. Soit 43 sites différents.

L’exposition aux ondes électromagnétiques est mesurée en volt par mètre (V/m). En France, le seuil d’exposition maximum est de 61 V/m, le même que pour le WiFi. À noter que cette limite d’exposition du grand public est 50 fois inférieure aux niveaux d’émission des ondes à partir desquels des effets sur la santé peuvent commencer à se faire sentir, selon l’OMS.

Or, les ondes émises par la 5G sont très en deçà du seuil légal autorisé, et donc du seuil critique. C’est en tout cas ce qu’il ressort de l’étude de l’ANFR effectuée dans trois configurations différentes : Avec un niveau de champ électrique sans trafic, avec un niveau de champ électrique maximal lorsque l’antenne émet en continu à pleine charge dans une direction donnée, et avec un niveau de champ électrique reçu lors de l’envoi d’un fichier de 1 Go dans une direction donnée. Dans le premier cas de figure, le niveau d’exposition aux ondes se situe entre 0,05 et 0,6 V/m. Dans le second cas de figure, le niveau d’exposition aux ondes le plus fort qui a été relevé est de 9 V/m. Dans le 3ème cas de figure, il est de 1,6 V/m.

Les niveaux d'exposition aux ondes de la 5G sont largement inférieurs au seuil autorisé

En août 2020, l’ANFR a réalisé une autre simulation de l’évolution de l’exposition du public créée par la téléphonie mobile en zone urbaine très dense, à savoir dans le 14ème arrondissement de Paris. Il en ressort que le niveau moyen crée par la 5G est de 1,36 V/m en extérieur et de 0,76 V/m en intérieur, derrière un simple vitrage, alors qu’il est respectivement de 1,1 V/m et de 0,6 V/m avec la combinaison des réseaux 2G, 3G et 4G.

L’ANFR ne prétend pas dire que la 5G ne représente pas un danger pour la santé. Ce n’est pas son travail. En revanche, elle démontre qu’avec la 5G, le niveau d’exposition aux ondes est, certes, un tout petit plus important qu’en 4G, mais, surtout, qu’il reste très largement en dessous du seuil légal inscrit dans la loi française sur la base des recommandations de l’OMS.

Les smartphones, plus dangereux que les ondes de la 5G

Tous les spécialistes qui sont amenés à se prononcer sur les effets sanitaires de la 5G sont d’accord sur un point : ce n’est tant les ondes de la 5G qui représentent un danger pour la santé, mais plutôt les smartphones. "On a toujours souligné que le téléphone mobile était la source la plus préoccupante en termes d’exposition. La différence de niveaux d’exposition entre un téléphone mobile, une personne et les antennes relais, elle est extrêmement grande, de l’ordre de cent ou mille fois plus élevé pour le téléphone mobile", a en effet rappelé Olivier Merckel lors de son audition par le Sénat.

Certaines études, en effet, évoquent "une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs de téléphones portables", rappelle l'Anses, qui a publié en 2013 une évaluation des risques liés aux radiofréquences. "Le doute qu’on a actuellement en terme sanitaire, c’est pour les gros utilisateurs de téléphone qui vont avoir l’appareil à l’oreille, confirme Yves Le Dréan, chercheur à l’Irset. Dans ces cas-là, les études épidémiologiques ont montré un surrisque d’avoir un cancer du cerveau. Attention, ce sont des études épidémiologiques, ça ne veut pas dire qu’il y a un lien de cause à effet".

Les ondes des smartphones représentent plus un danger pour la santé que celles de la 5G

C’est néanmoins pour cette raison que l’OMS a considéré en 2011 que les ondes électromagnétiques étaient "peut-être cancérogènes", prônant à ce moment-là l’utilisation d’un kit mains libres ou l’écriture de textos.

C’est aussi pour cette raison que la norme DAS, pour "Débit d’Absorption Spécifique" a été mise en place. Cette norme sert de référence pour quantifier l’énergie transportée par les ondes radioélectriques absorbées localement par le corps humain. C’est le niveau maximal d’ondes auquel l’utilisateur peut être exposé.

Tous les smartphones, tablettes et autres montres connectées doivent obligatoirement respecter cette norme. Le DAS tête (lorsque nous avons le téléphone porté à l’oreille) et le DAS tronc (lorsque l’appareil est dans notre manteau ou dans un sac à main) est limité à 2 W/kg (Watt par kilogramme). Quant au DAS membre (lorsque l’appareil est situé dans notre main ou la poche de notre pantalon) est limité à 4 W/kg. En dessous de ce seuil, selon l’OMS, il n’y a aucun danger pour la santé.

La 5G et la problématique des personnes électro-hypersensibles ?

Parmi les personnes inquiètes des effets potentiels de la 5G sur la santé, les personnes électro-hypersensibles (EHS) sont en première ligne, car intolérantes à l’exposition aux ondes électromagnétiques. Alors, forcément, elles perçoivent la 5G comme une nouvelle menace pour leur santé et leur bien-être. Les symptômes des EHS sont connus et même reconnus par le corps médical : brûlures, acouphènes, extrême fatigue, troubles du sommeil, migraines…

Pour s’en prémunir, une solution : "vivre en marge de la société". Certaines personnes sont en effet contraintes de vivre recluses, le plus éloignées possible de la moindre source d’ondes électromagnétiques, dans ce qu’on appelle des zones blanches, c’est-à-dire non desservies par un réseau mobile ou Internet. "On n’a pas le choix", déclare une EHS, fataliste, qui craint de "voir augmenter le niveau d’exposition aux ondes avec la 5G".

Le problème, c’est que beaucoup de scientifiques refusent d’attribuer aux ondes la manifestation de ces symptômes. "Jusqu'à présent, les données scientifiques ne confirment pas l’existence d’un lien entre cette symptomatologie et l'exposition à des champs électromagnétiques. Elle peut, au moins en partie, être attribuée au bruit et à d’autres facteurs environnementaux ou encore à l’anxiété suscitée par les nouvelles technologies", soutient l’OMS.

En France, en 2018, l’Anses a publié un rapport dans lequel elle met en avant "la grande complexité de la question de l’électrohypersensibilité". Car, d’un côté, elle reconnaît que "les douleurs et la souffrance exprimées par les personnes se déclarant EHS correspondent à une réalité vécue", alors que de l’autre, elle indique : "il n’existe pas, à ce jour, de critères de diagnostic de l’EHS validés (…). La seule possibilité pour définir l’EHS repose sur l’auto-déclaration des personnes".

5G et santé : la conclusion d’Ariase

La 5G représente-t-elle un danger pour la santé. La question inquiète mais, jusqu’à preuve du contraire, la réponse est non. Toutes les études scientifiques un peu sérieuses vont dans ce sens. Mais, comme pour la 4G et le WiFi, seul l'avenir nous le dira, faute de disposer d'analyses préalables sur le long terme.

Alors, que faire ? Faut-il avoir une confiance aveugle dans les opérateurs de téléphonie et dans les acteurs du web, dont les intérêts sont d’abord commerciaux ? Ou, au contraire, faut-il trouver refuge sur une île déserte, à l’abri du moindre réseau mobile ou Internet ? Il faut plutôt faire confiance aux autorités de régulation et aux agences spécialisés. Il faut aussi rester attentifs aux recherches scientifiques en la matière. Et, surtout, il faut faire preuve de bon sens. Cela passe par faire bon usage de son téléphone portable, comme éviter de passer des heures avec un smartphone cloué à l’oreille ou dans la poche de son pantalon.

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