Vous avez sans doute entendu parler de la 5G. Mais, vous ne savez pas ce que c'est. La 5G, c'est la 5ème génération de réseau mobile. Une technologie qui va notamment permettre de répondre à l’explosion du trafic mobile. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur la 5G !
La 5G, comme son sigle le laisse deviner, c'est la cinquième génération de réseau de téléphonie mobile. C'est la prochaine norme d'Internet pour la téléphonie mobile. Cette technologie sera progressivement déployée par les opérateurs mobiles sur le territoire à partir de 2020.
Petit rappel, pour ceux qui auraient oublié les versions précédentes : en 1986, la 1ère génération permettait de passer des appels, la seconde d'envoyer des SMS, la 3G de surfer sur le web depuis son téléphone (2004) et la 4G de développer les usages de l'Internet mobile avec une plus grande rapidité (2011). Et la 5G alors ?
La 5G, ce n'est pas encore une réalité pour le grand public. C'est une belle promesse, celle de révolutionner la téléphonie mobile et ses usages. Une révolution technologique nécessaire car, demain, notre consommation de data va exploser. Selon l'équipementier Ericsson, elle devrait connaître une croissance exponentielle : un utilisateur sur cinq consommerait à lui seul 200 Go par mois d'internet mobile d'ici 2025. À titre de comparaison, en France, les usagers les plus gourmands sont les abonnés Free et ils consomment 11,6 Go d'Internet mobile par mois.
"La 5G, dans sa première version, sera assez proche de la 4G", explique Jean-Paul Arzel, directeur réseau de Bouygues Telecom (lire notre interview). La 5G, c'est un ensemble de technologies qui vont arriver progressivement et cohabiter, dans un premier temps, avec une évolution de la 4G, dont elle va d'ailleurs utiliser un certain nombre d'infrastructures.
Néanmoins, la 5G ne doit pas être vue comme une évolution de la 4G. C'est en réalité une technologie de rupture, qui "se distingue des générations précédentes en ce qu'elle vise, dès sa conception, à intégrer un nombre de cas d'usages inédits", note l'Agence nationale des fréquences. Mais, "Les changements d'usages, les nouveaux usages, et de manière un peu massive, c'est pas avant 2023", assure Jean-Paul Arzel. Dans un premier temps, dit-il, "elle va apporter de l'oxygène au réseau et éviter les effets de saturation".
La 5G n'est pas encore là, mais elle fait déjà parler d'elle. Elle fascine autant qu'elle inquiète. Comme chaque technologie nouvelle avant qu'elle ne voit le jour, la 5G suscite bien des interrogations.
Le déploiement du réseau mobile 5G est possible grâce à un ensemble de solutions techniques mais aussi grâce à l’utilisation de plusieurs bandes de fréquences :
À termes, le réseau 5G utilisera les 3 bandes de fréquences. Mais, dans un premier temps, les opérateurs mobiles déploieront la 5G uniquement sur la bande de fréquences 3,5 GHz.
Les fréquences hertziennes de la 5G seront mises aux enchères par le gouvernement à l'automne 2019. Début 2020, les attributions des blocs de fréquences 5G seront publiées officiellement et les premiers déploiements concrets sur les antennes mobiles suivront dans les mois qui suivent.
En 2023, la 5G pourrait aussi utiliser une quatrième bande de fréquences, celle des 1,5 GHz. Elle pourrait être disponible pour les télécoms en 2023. Elle offre une bonne couverture du territoire et une bonne couverture à l'intérieur des bâtiments. Elle permettrait aussi une montée en débit significative.
| Vitesse de téléchargement | |||||
| Film HD 30Go | Album MP3 | 200 photos | |||
| 5G | 4G | 5G | 4G | 5G | 4G |
| 20 mn | 1 h 40 | 3 s | 15 s | 16 s | 1 mn 20 |
| Valeurs estimées par Orange sur des temps de téléchargement moyens | |||||
L’apport le plus évident par la 5G est la promesse de débits encore supérieurs. C'est tant mieux, car les usages changent : l'ultra haute définition 4K est en voie de banalisation et la 8K suivra bientôt. Quant au streaming, c'est déjà la norme en matière de vidéo et d'audio et, il va se populariser sur des domaines comme le cloud gaming. La 5G favorisera aussi le développement d'applications de réalité augmentée ou virtuelle. Autant d'usages qui réclament davantage de débit.
La 5G permettra également une meilleure autonomie des smartphones, comme elle utilisera moins de ressources que la 4G. Enfin, on peut imaginer, qu'un jour, la 5G éliminera la frontière entre nos appareils fixes et mobiles, avec notamment l'apparition de box 5G.
Bénéfique pour les particuliers, la 5G le sera tout autant, si ce n'est plus, pour l'industrie. "Les sauts de performances permis par la 5G devraient également toucher de nombreux secteurs et permettre à de nouveaux usages d'émerger ", prédit l'ANFR, l'Agence Nationale des Fréquences. Elle devrait aussi permettre de développer davantage de possibilités avec l'Internet des objets. Car, en plus d'offrir des débits accrus, la 5G, avec sa très faible latence, ouvre de très nombreuses perspectives dans les domaines de la santé, avec la télémédecine, des transports, avec les voitures autonomes, de l'éducation, avec les écoles intelligentes, dans l'industrie du futur, avec la robotique. La 5G permettra enfin l'émergence de villes intelligentes.
Qu'on se le dise, les usages liés à la 5G paraissent presque illimités et son aussi divers que variés.
Pour bénéficier de la 5G, il ne suffira que le réseau mobile 5G soit déployé, il faudra aussi être en possession d'un smartphone compatible avec la nouvelle norme 5G. Cela va sans dire. L'histoire de se répète. Car, il en était de même en 2011 pour le lancement de la 4G.
Mais pas question de se précipiter pour acheter un nouveau smartphone compatible 5G. D'abord, ils ne sont pas encore commercialisés partout en Europe, sauf dans les pays où le réseau mobile 5G a déjà été lancé.
En outre, patience est mère de toutes les vertus. Aujourd'hui, l'offre est très limitée. Seulement quelques modèles sont actuellement disponibles sur le marché ou devraient l'être cette année :
D'autres marques, comme Sony, Orange, OnePlus et Oppo sont actuellement en train de développer des modèles de smartphones compatibles 5G. Mieux vaut attendre. Car, d'ici au lancement commercial de la 5G, il y aura encore plus de modèles, encore plus élaborés et forcément moins chers.
Actuellement, plusieurs expérimentations 5G sont en cours en France, notamment à Lille, Paris, Nantes, Lyon, Bordeaux avec les opérateurs Orange, Bouygues Telecom et SFR. De son côté, Free n'a pas encore participé à la moindre expérimentation. Au total, d’après les dernières données de l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR), au 1er juin 2019, 111 expérimentations 5G avaient été autorisées. Certaines sont terminées, d'autres sont toujours en cours.
Les enchères sur l'attribution des fréquences 5G aux opérateurs doit intervenir cet automne. Pour le gouvernement, le mot d'ordre semble clair : une bonne couverture 5G plutôt que la rentabilité. En effet, le prix de réserve des enchères sera "plus proche de 1,5 milliard d'euros que de 3 milliards", a réaffirmé ces derniers jours Agnès Pannier Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie. La volonté est de proposer un prix d'entrée assez faible aux opérateurs pour qu'ils débloquent davantage de moyens sur la couverture réseau.
Dès le début 2020, l'Arcep, le gendarme des télécoms, devrait annoncer ses choix aux opérateurs. Les premiers déploiements pourront ensuite progressivement débuter et les opérateurs pourront commercialiser leurs offres dans la foulée. En contrepartie des licences 5G attribuées, les opérateurs auront certaines obligations à respecter. Fin 2020, chaque opérateur devra avoir déployer la 5G dans au moins deux villes. La 5G montera ensuite progressivement en puissance. En 2025, les opérateurs devront avoir équipé chacun 12.000 sites en 5G, soit les deux tiers de la population couverte en 5G. Enfin, à l'horizon 2030, selon l'Arcep, les opérateurs devront proposer la 5G ou un service de "type 5G", avec 240 Mb/s de débit, sur l'ensemble du territoire. Par "type 5G", l'Arcep explique dans sa feuille de route sur la 5G qu'il s'agit de "services différenciés équivalents à ceux fournis par la 5G". Des services comme le slicing, l'une des principales technologies mises en avant par la 5G.
"Tous les territoires, y compris les plus ruraux ou de montagne, doivent pouvoir bénéficier du développement de la 5G dans un calendrier raisonnable", a assuré la secrétaire d'État.
Le réseau mobile 5G n'en est encore qu'à ses balbutiements. Mais, les clients ont hâte de la découvrir. Quitte à payer plus cher. C'est du moins le résultat d'une étude MATRIXX Software, réalisée auprès de 4.000 aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Cette étude, sur le thème de la 5G, montre que 88% des personnes interrogées sont prêtes à payer un abonnement plus cher pour profiter de la 5G. Des résultats qui confortent ceux d'une autre étude, réalisée par PwC, et qui concluait que les consommateurs étaient prêts à payer 16% plus cher leur abonnement à la 5G. En France, cela ne sera pas forcément nécessaire chez tous les opérateurs. Free mobile songe en effet à commercialiser, quand le nouveau réseau mobile sera lancé en France en 2020, des offres 5G Free au prix de la 4G.
Autre enseignement de cette étude MATRIXX Software sur la 5G : 76% des abonnés se disent prêts à changer d'opérateur afin de pouvoir bénéficier de la 5G. Enfin, 87% des personnes interrogées prévoient de changer de smartphone pour un appareil compatible 5G et 78% sont même prêtes à le payer plus cher.
On vient de le voir, les utilisateurs sont prêts à payer plus cher pour bénéficier de la 5G. Mais, attention, les opérateurs ont intérêt à offrir à leurs abonnés une expérience 5G digne de ce nom. Selon Dave Labuda, PDG de MATRIXX Software disent ceci : "Délivrez une expérience 5G digne de notre attention et nous paierons fièrement pour avoir le droit de l'utiliser". Et de poursuivre : "La vitesse de connexion au réseau n'est pas toute la bataille. L'opérateur qui gagne la course à la 5G sera celui qui délivre une expérience entièrement nouvelle qui surpasse ce que le consommateur a à sa disposition aujourd'hui". Il faut espérer que les opérateurs auront entendu le message. En tout cas, le challenge est énorme. Car, seulement 33% des sondés ont confiance en la 5G pour régler leur problème de connectivité.