Quel forfait mobile écologique choisir ?

Forfait mobile écologique et empreinte carbone des opérateurs
Mis à jour le 1 juillet 2022 à 16h57 -

Même si les réseaux télécoms représentent (seulement) 0,4% de l'empreinte carbone totale et 5% de l'empreinte carbone numérique en France, les opérateurs adoptent de plus en plus une démarche écoresponsable. Certains proposent même des forfaits écologiques.

En décembre 2021, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ont signé une charte des opérateurs en faveur d'un numérique durable. Une charte dans laquelle les opérateurs s'engagent à promouvoir un numérique sobre en carbone et en ressources naturelles. Et, selon eux, cela passe par : réduire leur émissions de CO2, limiter leur impact sur les ressources naturelles et mettre le numérique au service de l'environnement. Cela passe par des actions qui ne sont pas toujours visibles de la part des consommateurs. Plus visibles, en revanche, les premiers forfaits écologiques qui commencent à fleurir sur le marché de la téléphonie mobile.

Un forfait mobile écologique avec Prixtel

Prixtel, ce n'est pas seulement le premier opérateur à proposer des forfaits ajustables, dont le prix s'adapte à votre consommation mensuelle de gigas. C'est aussi celui qui a créé le concept de forfait écologique. Alors, un forfait écologique, c'est quoi ? C'est un forfait neutre en CO2. Avec un forfait Prixtel à petit prix, donc, vous faites du bien à la planète. C'est du moins la promesse de l'opérateur, qui communique très largement sur le sujet sur son site internet.

Car, Prixtel s'engage à compenser l'intégralité des émissions de CO2 générées par les forfaits de ses clients. Or, tous les ans, les clients Prixtel consomme 720 tonnes de CO2, simplement en utilisent leur forfait mobile. Alors, comment fait Prixtel pour compenser ces centaines de tonnes de CO2 ? En plantant des arbres. Il en a déjà planté 9.000, des pins et des chênes, dans une forêt du Loir-et-Cher.

Et, l'opérateur ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. En 2022, il a aussi décidé d'accompagner les agriculteurs dans la réduction de leurs émissions de CO2, en implantant des prairies temporaires et des légumineuses, en rénovant les logements des animaux pour améliorer la production, ou encore en perfectionnant le mode d'épandage des déjections afin de réduire l'usage des engrais minéraux. Comme ça, il compte compenser 1.500 tonnes de CO2 en plus sur cinq ans.

De son côté, l'opérateur émet 780 tonnes de CO2 par an. Et, en 2021, grâce au télétravail, à l'optimisation de ses infrastructures et à la vente exclusives de mobiles reconditionnés, il est parvenu à réduire de 15% ses émissions de CO2.

Un forfait écoresponsable avec Mint Mobile

Prixtel n'est pas le seul opérateur à s'être engagé dans une démarche écoresponsable. Mint, le fournisseur d'électricité 100% verte, qui est aussi opérateur de téléphonie mobile, a une approche similaire. "Faire des économies tout en participant à la construction d'un monde plus responsable, c’est simple et rapide avec les services Mint", nous assure l'opérateur. Alors, en quoi avoir un forfait Mint Mobile à bas coût est-il une démarche écoresponsable, saluée par Greenpeace.

Depuis 2017, toutes activités confondues, Mint assure que 494.042 arbres ont été plantés par sa communauté de clients, grâce au programme reforestAction, soit plus de 74.100 tonnes de CO2 stockées. "Notre objectif est de 550.000 arbres d'ici 2022 pour stocker les émissions de CO2 liées à nos activités", ambitionne l'opérateur virtuel. En outre, avec la consommation plus responsable de Mint, c'est 21.000.000 kilos de CO2 qui ont été économisés par les clients.

Source : un forfait responsable et solidaire sur une idée de Bouygues Telecom

Sur une idée de Bouygues Telecom, et en partenariat avec la société numérique Lilo (à l'origine du moteur de recherche solidaire du même nom), Source propose un forfait qui prône la sobriété numérique. "C'est une offre innovante destinée à celles et ceux qui veulent participer à l'émergence d'un numérique plus responsable et solidaire", assure Bouygues Telecom. Ce nouveau projet s'inscrit dans sa stratégie Climat 2020-2030, dont l'objectif est la réduction de l'empreinte environnementale de l'opérateur. 

Le principe du forfait Source, avec 10 Go pour 10€/mois, est simple : vous transformez vos gigas non consommez en actions positives, auprès de 1.000 associations ou fondations de votre choix. Il s'agit d'ONG internationales comme d'associations de quartier, qui ont comme point commun d'avoir un impact social et/ou environnemental fort. Chaque mois, Source calcule le nombre de gigas économisés par l'ensemble de ses clients et verse la contribution correspondante à Lilo, qui la redistribue aux projets. Pour souci de transparence, le détail des sommes reversées chaque mois à chaque projet est accessible sur la page Lilo du projet.

Concrètement, chaque giga économisé est transformé en gouttes (1 Go = 100 gouttes). Et, pour les donner, c'est très simple, il suffit de le faire depuis son espace client. Vous accédez alors à un catalogue de projets, vous cliquez sur le projet qui vous intéresse, et vous sélectionnez le nombre de gouttes que vous souhaitez lui donner. Plus il y a de gouttes, plus les revenus générés sont importants.

Depuis la création de Lilo, en 2014, près de 4,5 millions ont déjà été collectés et reversés à des projets solidaires.

Le saviez-vous : avec votre forfait mobile, vous consommez jusqu'à 30 Kg de CO2 par an, soit l'équivalent d'une ampoule basse consommation allumée pendant 7 ans et demi, de 139 kilomètres en voiture ou de 208.333 litres d'eau.

Quelle est l'empreinte carbone du numérique et des opérateurs télécoms ?

Selon l'Arcep, le régulateur des télécoms, le numérique représenterait aujourd’hui 3 à 4 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde et 2,5 % de l’empreinte carbone au niveau national (phases de fabrication et d’utilisation comprises). À titre d'exemple, c'est plus que le trafic aérien civil et le secteur des déchets. En outre, selon le rapport de la mission d’information sur l’empreinte environnementale du numérique du Sénat, l’empreinte carbone de celui-ci pourrait augmenter de manière significative si rien n’est fait pour la limiter (+ 60 % d’ici à 2040 soit 6,7 % de l’empreinte carbone nationale).

On sait aussi que, selon le rapport de l'Arcep sur l'état de l'Internet en France, rendu public en juin 2022, les terminaux sont responsables de 79% de l'empreinte carbone du numérique en France, devant les centre de données (16%) et les réseaux (5%). Les réseaux télécoms ne sont donc responsables (que) de 5% de l'empreinte carbone du numérique. Mais, comme le dit l'Arcep, "cette répartition d'impact ne doit pas occulter la dimension écosystémique du numérique" avec une interdépendance entre terminaux, réseaux et centres de données créée par les usages.

Dans le rapport de l'Arcep sur l'évaluation de l'impact environnemental du numérique en France, il est aussi intéressant de noter "les réseaux fixes concentrent la majorité des impacts (entre 75 et 90 % des impacts). Mais, rapporté à la quantité de Go consommée sur chaque réseau, l’impact environnemental des réseaux fixes devient inférieur à celui des réseaux mobiles. Par Go consommé, les réseaux mobiles ont près de trois fois plus d’impact que les réseaux fixes".

Pour respecter les accords de Paris et limiter le réchauffement climatique à 2%, il faudrait réduire de 5% par les émissions planétaires. Sauf que "on n'y arrivera pas" regrette Jean-Marc Jancovici, du Think Tank The Shift Project. La croissance du trafic reste très élevée (14 % dans les data centers, 23 % sur les réseaux mobiles). En cause, notamment, la 5G, qui va "augmenter l'impact du numérique lors de l'utilisation et de la production".

La sobriété numérique est "la seule option permettant de stabiliser l'empreinte carbone". Mais, Jean-Marc Jancovici se montre pessimiste. Selon lui, la 5G a d'abord été faite "pour augmenter férocement les débits" et donc les usages.

Que font les opérateurs en faveur d'un numérique durable ?

"Conscients des enjeux environnementaux et de leur rôle au soutien de la transition écologique", pour reprendre les mots de la Fédération Française des Télécoms, qui rassemble notamment Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free, les opérateurs ont signé en 2021 une charte pour un numérique durable. Un document dans lequel ils s'engagent à réduire leurs émissions de CO2 (en renforçant par exemple l'efficacité énergétique des réseaux ou en développant le recours aux énergies renouvelables), à limiter leur impact sur les ressources naturelles (en allongeant par exemple la durée des équipements ou en augmentant la collecte des mobiles et le recours aux appareils reconditionnés), et enfin à mettre le numérique au service de l'environnement.

Concrètement, les opérateurs se donnent pour objectif commun de contribuer à la neutralité carbone d'ici 2040, au moins sur les émissions directes (celles liées à la flotte des véhicules, à la climatisation...) ou indirectes (comme l'électricité consommée par les réseaux, les datas centers, les bureaux...). En 2020, ils ont notamment investi 11,5 milliards d'euros dans les réseaux avec des technologies moins énergivores et plus efficientes. Seulement, il y a comme un hic. Ces émissions directes ou indirectes ne représentent que très peu, comparées aux émissions générées par les fournisseurs ou les clients des opérateurs.

Il n'empêche, et personne ne s'en plaindra, Bouygues Telecom a annoncé passer à 100% d'énergies renouvelables, Orange utilise les techniques du "liquid cooling" ou du "water cooling" pour refroidir ses serveurs, Free a décidé d'éteindre la nuit ses antennes 4G sur la bande de fréquences 2600 MHz et SFR commercialise un smartphone éco-conçu. Quand d'autres opérateurs proposent des forfaits écologiques neutres en carbone.

Ce ne sont que quelques exemples des initiatives prises concrètement par les opérateurs pour limiter leur empreinte carbone.

Et nous, consommateurs, que peut-on faire pour réduire notre empreinte carbone numérique ?

À elle seule, l'utilisation que nous faisons de nos terminaux, parmi lesquels notre smartphone, et donc notre forfait mobile, contribue pour 11% de l'empreinte carbone du numérique. C'est donc la preuve que nous, les consommateurs, pouvons participer à la mise en place d'un numérique durable.

Bien sûr, nous pouvons souscrire un forfait écologique neutre en carbone. Mais, il existe bien d'autres manières d'avoir un comportement numérique plus écoresponsable. Des gestes du quotidien qui nous permettent d'aller vers plus de sobriété numérique. Et qui sont facilement mesurables puisque le bilan carbone de nos activités numériques figurent maintenant sur notre facture de téléphonie mobile ou dans notre espace client.

Pour limiter notre empreinte carbone numérique, nous pouvons également privilégier le Wi-Fi à la 4G ou à la 5G. Surtout lorsque vous effectuez des actions qui demandent une grande quantité de données. On l'a vu, en effet, par Go consommé, les réseaux fixes ont trois fois moins d'impact que les réseaux mobiles.

Autre possibilité : regarder les vidéos en HD plutôt qu'en 4K. Rendez-vous compte, en 2018, le visionnage des vidéos en streaming a généré plus de 300 millions de tonnes de C02, soit autant de gaz à effet de serre que l’Espagne, représentant ainsi près de 1 % des émissions mondiales. Or, en réduisant le poids d'une vidéo, on réduit l'énergie nécessaire à sa diffusion et donc les émissions de gaz à effet de serre qui y sont liés.

Pour diminuer notre empreinte carbone numérique, nous pouvons également réduire notre consommation d'emails. En effet, chaque mail envoyé génère environ 19 grammes de CO2. Mois de mails envoyés, c'est donc moins de mails reçus et stockés, et donc moins de pollution. Alors, à défaut d'envoyer moins de mails, on peut au moins penser à trier sa boîte mails, se désabonner des newsletters qu'on ne lit pas et éviter de faire un répondre à tous quand on veut s'adresser à une seule personne.

Pêle-mêle, il est aussi très facile d'améliorer son bilan carbone numérique en fermant les applications inutilisées ou en activant la nuit le mode avion sur son smartphone.

Avec ces quelques gestes, nous pourrions déjà réduire considérablement notre empreinte carbone numérique. Mais, en plus d'agir sur l'utilisation de nos smartphones, on peut aussi agir sur leur production, en les gardant plus longtemps et en les remplaçant par des appareils reconditionnés plutôt que neufs. Car, c'est la fabrication des terminaux, et de très très très loin, à hauteur de 75%, et non pas leur utilisation, qui pèse le plus sur l'empreinte carbone du numérique. Selon l'AEME, faire l’acquisition d’un téléphone mobile reconditionné permet une réduction d’impact environnemental annuel de 55 % à 91 % (selon les catégories d’impact) par rapport à l’utilisation d’un smartphone neuf. Cela permet d’éviter l’extraction de 82 kg de matières premières et l’émission de 25 kg de gaz à effet de serre par année d’utilisation, soit 87 % de moins qu’avec un équipement neuf. On sait donc ce qu'il nous reste à faire.

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