La 5G est-elle dangereuse pour la santé ?

17 juin 2019 à 17h46
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Le futur réseau mobile 5G va permettre d'absorber la croissance exponentielle du trafic mobile et annonce une révolution des usages. C'est très bien. Mais on en oublierait presque de se poser une question essentielle : la 5G représente-t-elle un danger pour la santé ?

La 5G : quel impact sur la santé ?

Le futur réseau mobile 5G n'est pas encore là. En France, il deviendra une réalité en 2020. En attendant, on nous vante les promesses de la 5G : celle d'un Internet mobile avec de meilleurs débits, une plus grande stabilité... Bref, une révolution technologique et une révolution des usages. Mais, on parle assez peu des répercussions que la 5G pourraient avoir sur la santé.

En effet, à cause des ondes électromagnétiques, la 5G suscite de la méfiance. Certaines personnes, et non des moindres, s'inquiète des potentiels effets néfastes de la 5G sur la santé. En septembre 2017, 230 scientifiques et médecins du monde entier ont lancé un moratoire commun sur les dangers de la 5G.

"La 5G augmentera l'exposition aux champs électromagnétiques de radiofréquence", ont-ils prévenu. la 5G va en effet nécessiter des fréquences toujours plus élevées et des ondes toujours plus puissantes. Ils évoquent les ondes millimétriques. D'une portée assez courtes, elles vont nécessité le déploiement de davantage d'antennes relais. Ces médecins et ces scientifiques anticipent les effets néfastes de ces ondes millimétriques sur la santé : "un risque de cancer, de stress cellulaire, d'augmentation des radicaux libres nocifs, de dommage génétique et du système reproducteur, de déficits d'apprentissage et de mémoire, de troubles neurologiques". La liste est longue mais pas vraiment rassurante. Pour justifier leurs craintes, les experts s'appuient sur une étude du National Toxicology Program américain, la plus vaste jamais effectuée sur le sujet. Elle évoque un lien possible entre l'exposition aux champs électromagnétiques et deux cancers assez rares. Pour en arriver là, des tests ont été effectués sur des centaines de rats.

Qu'en est-il vraiment des dangers de la 5G ?

Au niveau des grandes agences de santé, on se veut plus rassurant. L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a bien classé en 2011 les ondes électromagnétiques dans la catégorie des cancérogènes "possibles" pour l'homme. Néanmoins, elle juge bon de préciser que "la recherche n'a pas pu fournir de données étayant une relation de cause à effet". Quant à l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), elle estime qu'il n'apparaît "pas fondé, sur une base sanitaire, de proposer de nouvelles valeurs limites d'exposition pour la population générale". Ce qui signifie qu'il n'y aurait pas de danger pour la santé tant que l'on reste en dessous des seuils d'exposition aux ondes tels qu'ils ont été définis par la loi.

La question est maintenant de savoir si ces seuils d'exposition aux ondes vont être dépassés avec la 5G ? Non, répond l'ANFR (Agence Nationale des Fréquences). "Les téléphones qui seront compatibles avec la 5G n’émettront pas davantage d'ondes que les smartphones actuels, qui se situent sous les seuils réglementaires", assure L'ANFR. Quant aux antennes relais, "le seuil fixé par la 5G est le même que pour la 4G et n'est jamais atteint actuellement", poursuit-elle. En clair : circulez, y'a rien à voir. Mieux, selon les pro 5G, la 5G générera moins d'ondes électromagnétiques que la 4G car, les antennes Massive MIMO émettront des ondes ciblées sur un smartphone. Et pas en continu, uniquement en cas de besoin.

Reste que, selon les militants anti-ondes comme Robin des Toits, ces seuils sont "trop élevés". Dans un article paru dans Capital, Pierre-Marie Theveniaud, président de l'association accuse : "Ces seuils ont été faits par les opérateurs eux-mêmes du fait du fort lobby de l'industrie". Quant aux experts des agences, "ils sont liés aux acteurs du domaine". Voilà qui est dit.

En attendant, les débat fait rage entre les pro et les anti 5G. Et, il y a fort à parier qu'il dure encore longtemps.