L'ARCEP ne veut pas de fibre optique sauvage...

6 juin 2007 à 19h15
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h57 -

Alors que les opérateurs multiplient les annonces concernant la fibre optique, l'ARCEP rappelle sa présence.S'il fallait renouveler toute la boucle locale en cuivre pour que l'accès des foyers au réseau se fasse par fibre optique, il faudrait dépenser plusieurs dizaines de milliards d'euros. La moitié de ce coût provenant, toujours selon l'ARCEP, des frais de génie civil et de pose des fourreaux, ces grands tubes de plastique où l'on fait glisser les câbles.

80 millions pour France Telecom, 160 millions pour Free, quelques dizaines de millions pour Neuf ou le câblo-opérateur Noos... C'est un bon début, mais ces sommes dépensées en 2007 sont encore bien loin de cet autre ordre de grandeur qu'est le milliard !

On remarquera au passage que France Telecom investit moitié moins que Free pour moitié moins de dépenses à assumer, car France Telecom possède déjà ses propres fourreaux pour faire passer les paires de cuivre.

Aucun opérateur n'ayant les épaules assez larges pour assumer seul la totalité des investissements, l'ARCEP souhaite qu'ils soient mutualisés ! Voici qui va faire grincer des dents les principaux opérateurs, qui, copiant en celà les câblo-opérateurs, se voyaient probablement déjà en situation de monopole de proximité sur le très haut-débit : quel syndic d'immeuble accepterait de devoir refaire des travaux pour chaque opérateur ?

L'ARCEP souhaite donc étouffer dans l'oeuf une telle situation de monopole "de fait" en instaurant un système ressemblant fort à notre bon vieux dégroupage. Chaque possesseur d'une boucle de fibre optique se verrait donc forcé à proposer un "tarif" acceptable pour qu'un de ses concurrents puisse la sous-louer.