Vers l'extinction du réseau cuivre ?

25 juin 2013 à 13h52
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h42 -

Dans le cadre du Plan Très Haut Débit du gouvernement, le réseau cuivre pourra disparaître progressivement pour laisser la place au déploiement de la fibre optique.Pour respecter le délai fixé par le Gouvernement sur l'accès au très haut débit pour tous en 2022, l'extinction du réseau cuivre semble constituer une étape importante pour la ministre chargée de l'économie numérique Fleur Pellerin qui déclare que "la coexistence prolongée de réseaux à haut débit et à très haut débit est susceptible, à court et moyen termes, de freiner la progression du très haut débit."

Mais le remplacement de la boucle locale cuivre sur l'ensemble du territoire n'est pas une mince affaire. Fin 2012, la ville de Palaiseau a été choisie comme la première ville à passer en 100% Fibre avec Orange, pour lancer une première expérimentation sur les enjeux d'un tel chantier. En fin d'année, tous les Palaisiens (particuliers et entreprises) pourront migrer définitivement sur une offre très haut débit.

fin réseau cuivre France Télécom

Pourtant, ce test ne semble pas satisfaire tout le monde. Mi-avril, la Cour des Comptes faisait part de son scepticisme quant aux conséquences de l'arrêt du réseau téléphonique : "installation d'une nouvelle prise optique dans tous les logements, changements de certains terminaux et notamment les anciens téléphones, arrêt des services d'alarme de santé ou de surveillance reliés au réseau cuivre, etc." La ville de Palaiseau ne lui semblait pas représentative des difficultés qui pourraient être rencontrées dans toutes les zones denses et moins denses.

Pour répondre au mieux à de telles interrogations, le gouvernement a décidé d'utiliser cette expérience pour répertorier une première liste de contraintes opérationnelles, et de lancer une mission pour étudier les enjeux juridiques et économiques d'un basculement du réseau cuivre au réseau FTTH (fibre jusqu'à l'abonné).

Cette mission sera lancée début juillet avec à sa tête l'ancien président du régulateur des télécoms, Paul Champsaur. Il sera entouré des sénateurs Yves Rome et Pierre Hérisson, des députés Gwenegan Bui et Patrice Martin-Lalande, des économistes Martin Cave et Jacques Cremer, du conseiller d’État Jean Marimbert, des anciens dirigeants d’opérateurs Jacques Champeaux et Franck Esser, ainsi que Roland Courteille et Sophie Rognon, représentant des réseaux d’initiative publique et Catherine Tiquet, experte en déploiement de réseaux à très haut débit. Ensemble, ils analyseront les enjeux et formuleront des propositions pour la fermeture du réseau cuivre selon un calendrier cohérent avec le déploiement de la fibre optique. La mission remettra un premier rapport intermédiaire fin 2013, et le rapport final est prévu pour fin 2014.