Le satellite contre le handicap numérique

21 mars 2011 à 18h54
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h45 -

Les députés vont-ils réduire facture et fracture numériques ? C'est l'objectif d'un projet de subvention pour Internet par satellite.L'Assemblée Nationale s'est emparée de la thématique du haut-débit, cherchant à améliorer la vie des personnes et des entreprises dont la localisation ne leur permet pas d'obtenir Internet par ADSL. 46 députés ont déposé une proposition de loi tendant à développer l’Internet par satellite dans les "zones à handicap numérique".

logo de NordNetSur le principe, l'idée est alléchante : il s'agirait pour "un particulier [...] qui n’a d’autre solution que de passer par l’Internet satellitaire pour accéder à un débit décent, de recevoir de l’État, dans le cadre du Grand Emprunt, une aide de 50 % sur le coût de l’achat et de la pose du matériel nécessaire à son raccordement satellitaire".

Les "zones à handicap numérique", un concept proposé par les députés pour décrire les endroits où le débit est insuffisant par des moyens filaires ou hertziens, serait une expression plus compréhensible pour le grand public que les habituelles "zones blanches" et "zones grises".

VivéoleIl faut remarquer que "débit décent" est un terme flou, que trois niveaux de débit descendants, bas-débit, 1 Mbps et 2 Mbps, sont indiqués comme informatifs dans la proposition. Des précisions sur les caractéristiques d'un débit décent sont donc indispensables pour définir clairement ce que recouvreraient ces nouvelles zones.

Si le sort des professionnels est évoqué dans l'exposé des motifs, il n'est pas abordé dans les propositions d'articles elles-mêmes. Par contre, certaines prises de position laissent perplexes. Les députés soulignent en effet que, pour les entreprises, les "échanges sont plus volumineux, donc afin d’être rapides exigent des débits plus importants" et que "le seul frein actuel au développement de l’Internet satellitaire est le coût initial de l’achat des équipements nécessaires".

Connexion VerteEffectivement, les offres proposées à un tarif "classique" par satellite, donc moins de 50€/mois, permettent bien de bénéficier du haut-débit et d'échanges "rapides". Par contre, elles ne permettent certainement pas d'avoir, en leur état actuel, une connexion permettant de faire passer d'importants volumes d'échange.

Qu'il s'agisse de quota, de FAP ou de FUP, la connexion ne peut pas être utilisée de manière illimitée dans le cadre de ces offres, et les usagers ont de grandes difficultés à s'adapter à cette situation, qui les empêche d'utiliser à volonté des services aussi courants que Deezer, Youtube ou les mises à jour de Windows.

Il est possible que les nouvelles offres Internet par satellite, qu'il s'agisse de Ka-Sat, de la probable riposte d'Astra après la mise en production des offres sur Ka-Sat, ou même de l'hypothétique Megasat permettent de faire sauter définitvement cette barrière.

Il en restera toujours une, le temps de latence, qui nuit au bon fonctionnement de certaines applications d'entreprise et notamment dans le "Cloud", et rend injouable la plupart des jeux en ligne avec ou contre des humains.

AlsatisLa solution proposée, qui finance la moitié du prix d'achat du pack satellite pour le rendre plus accessible, à environ 200€, permet de conserver leur caractère attractif aux offres Wimax sur le plan financier et évite les problèmes d'achats d'aubaine, pour profiter d'une parabole gratuite.

Après tout, il ne faut pas oublier que des offres existent pour lesquelles le pack Satellite est prêté (vlabel France Numérique). Certes, les offres sont moins intéressantes à niveau de tarif égal, assorties en général de 2 ans d'engagement, mais elles ont le mérite d'exister.

L'un des aspects les plus intéressants de cette proposition est qu'elle pourrait mettre fin à une certaine pagaille existant, dans le secteur, au niveau des aides attribuées. En effet, selon la région, le département, voire la commune, l'on peut recevoir, ou non, une subvention pour aider à l'achat ou à l'installation du matériel.

Puy de DômeEn région Auvergne, par exemple, les personnes inéligibles sont chouchoutées, puisque la région prend en charge jusqu'à 600€ de frais, 400€ pour l'acquisition du kit, 200€ pour son installation.

Dans la communauté de communes de Gascogne, 200€ sont remboursés si vous souhaitez acheter le matériel, 100€ sont remboursés si vous souhaitez faire faire l'installation par un professionnel. Au final, il s'agit de la solution la plus proche de ce que propose, actuellement, le groupe de députés à l'Assemblée.

Ille et VilaineEn Ille-et-Vilaine, un énorme travail a été fait par le département pour couvrir les zones blanches avec du Wimax. Par contre, pour les quelques habitants inéligibles à tout, y compris au Wimax, il n'y a pas de subvention de prévue. Ce n'est pas un cas isolé : plus de la moitié des départements sont dans ce cas.