Deutsche Telekom préfère le VDSL2 à la fibre optique

5 octobre 2012 à 12h46
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h43 -

En Allemagne, Deutsche Telekom veut doubler les débits et le nombre de foyers éligibles au VDSL2.René Obermann, le PDG de Deutsche Telekom, l'opérateur historique allemand, a déclaré vouloir intensifier le déploiement du VDSL2, et augmenter les débits jusqu'à 100 Mbit/s en réception et jusqu'à 50 mbit/s en émission grâce à la vectorisation ("vectoring").

Dans une interview publiée sur telekom.com, le site officiel de l'opérateur, René Obermann ne cache pas sa préférence pour le VDSL2 par rapport à la fibre optique jusqu'à l'abonné, dont le déploiement pose des "inconvénients comme les travaux de génie civil très coûteux et le câblage interne (vertical)".

100 mbit/s pour 24 millions de foyers
Deutsche Telekom, qui fournit déjà du VDSL2 à 12 millions de foyers, envisage de doubler la couverture d'ici 4 ans, en équipant davantage de sous-répartiteurs avec des DSLAM "VDSL2 Ready" et de la fibre optique.

Parallèlement, Deutsche Telekom veut doubler les débits grâce à la vectorisation. Cette technique consiste à augmenter les débits en réduisant le "bruit" des lignes téléphoniques. Le principe est d'annuler l’impact de la diaphonie ("crosstalk cancellation") sur l’ensemble des paires de cuivre transportant les signaux xDSL grâce à des algorithmes de traitement du signal.

La vectorisation nécessite donc de mettre à jour les DSLAM et d'utiliser de puissants processeurs compatibles avec la recommandation G.993.5 approuvée par l'Union Internationale des Télécommunications en 2010.

Un VDSL2 jugé plus pragmatique ?
Le plan de Deutsche Telekom tombe à pic pour plusieurs raisons. D'une part, et malgré un contexte budgétaire difficile pour le Gouvernement, les collectivités locales et les opérateurs, il permettrait de généraliser le très haut débit en Allemagne à moindre coût par rapport au FTTH.

D'autre part, le PDG de Deutsche Telekom souligne que le VDSL2 vectorisé permettrait "d'alimenter les zones rurales avec des vitesses beaucoup plus élevées à coût raisonnable". Le VDSL2 serait donc une manière de limiter la fracture numérique et d'éviter que le très haut-débit ne soit réservé qu'aux seuls centres urbains.

Enfin, Deutsche Telekom estime que le mix technologique VDSL2 / 4G LTE est la seule solution viable pour que le gouvernement allemand respecte ses propres engagements politiques mais aussi la feuille de route de l'Union Européenne.

Le gouvernement d'Angela Merkel s'est fixé l'objectif de fournir une connexion minimale de 50 Mbit/s pour 75% des foyers allemands d'ici la fin 2014, et prévoit d'atteindre ce palier de débit minimum pour tous les allemands au plus tard en 2018. Du côté de l'union européenne, l'objectif est de 30 mbit/s pour tous et de 100 Mbit/s pour 50% des européens d'ici 2020.

René Obermann ne manque pas de rappeler ces échéances pour mettre la pression sur le gouvernement. En effet, la vectorisation ne sera pas déployée en appuyant simplement sur un bouton. Deutsche Telekom a besoin de l'autorisation du régulateur puisque la vectorisation peut difficilement cohabiter avec le dégroupage de la sous-boucle locale comme l'analyse Steve Wilson, un analyste télécom (lire l'article en anglais). Le gendarme des télécoms allemand suivra-t-il l’exemple de son voisin belge qui a autorisé le déploiement du VDSL2 "vectoring" par Belgacom ?