Les licences 4G valaient vraiment de l'or

23 décembre 2011 à 12h10
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h24 -

En dépensant plus de 2,6 milliards d'euros, SFR, Orange et Bouygues Télécom se sont partagés à prix d'or les derniers blocs de fréquences des licences mobiles 4G dans la bande 800MHz.Le 15 décembre dernier, l'ARCEP a reçu les dossiers de candidature des 4 principaux opérateurs télécoms français en vue de l'attribution des fréquences du "dividende numérique" destinées au déploiement du très haut débit mobile (4G).

Hier, l'Autorité de Régulation des Télécoms a publié sa décision indiquant que SFR, Orange et Bouygues Télécom avaient remporté les différents lots. Seul Free Mobile n'a pas obtenu les précieuses fréquences.

Dans le détail, les résultats sont les suivants :

Licences 4G dans la bande 800MHz
Opérateur Prix Lots Fréquences
SFR 1,065 milliard Blocs B+C 801-811 / 842-852 MHz
Orange 891 millions Bloc D 811-821 / 852-862 MHz
Bouygues 683 millions Bloc A 791-801 / 832-842 MHz

En compilant les résultats des licences 4G attribuées en septembre dernier (bande de fréquences 2,6GHz), on obtient :

Licences 4G 800MHz / 2.6 GHz
Opérateur Prix total Lots 2.6GHz Lots 800MHz
SFR 1,215 milliard 15 MHz duplex 10 MHz duplex
Orange 1,178 milliard 20 MHz duplex 10 MHz duplex
Bouygues 911 millions 15 MHz duplex 10 MHz duplex
Free 271 millions 20 MHz duplex 0

Au final, le grand gagnant est...... l'Etat qui empoche la modique somme de 3,5 milliards d'euros. Rappelons que le secrétaire d'Etat à l'Economie Numérique, Eric Besson, tablait sur un prix de réserve de 2,5 milliards. Les pouvoirs publics engrangent donc un bonus d'un milliard grâce aux enchères des opérateurs qui ont misé sur l'importance stratégique de ces fréquences.

Les fréquences du "dividende numérique", issues de l'arrêt de la TV hertzienne au profit de la TNT, permettent ainsi de "répondre aux enjeux capacitaires, de couverture et de qualité de service des opérateurs de réseaux mobiles et d'assurer le relais de la technologie 3G+ via l’introduction et la montée en puissance sur le long terme des technologies 4G".

Après des enchères basses sur la bande 2.6 GHz, SFR a visiblement porté tous ses efforts sur les blocs de fréquences de la bande 800 Mhz jugée plus intéressante en terme de couverture radio.

Orange et Bouygues complètent le podium. Free Mobile est le seul opérateur à ne pas disposer de licence 4G pour la bande 800 Mhz. Bien que son dossier de candidature a été validé et qualifié par l'ARCEP, il semble que les enchères du groupe de Xavier Niel n'aient pas été suffisantes.

Conscient que l'argent allait être la clé de l'attribution des licences 4G, Xavier Niel avait déposé, sans succès, un recours devant le Conseil d'Etat en estimant que le paiement immédiat et intégral des licences favorisait les gros opérateurs.

Le directeur de Free, Maxime Lombardini, "n'a pas de regrets et considère que Free a tout ce qu’il lui faut". A l'instar de ce qu'il se passe pour la 3G, Free Mobile bénéficiera néanmoins d'un droit d'itinérance avec SFR (titulaire d'une autorisation cumulant 2 blocs) dès lors que "son réseau 2.6 GHz aura atteint une couverture de 25% de la population" précise l'ARCEP.

A court terme, Free Mobile a donc dépensé 4,5 fois moins que SFR pour les licences 4G. Mais à moyen et long terme, Free devra louer une partie des infrastructures de ses concurrents pour fournir des prestations équivalentes et rester dans la course.

L'aménagement numérique du territoire étant l'un des critères principaux fixés par le Gendarme des Télécoms, le déploiement des réseaux 4G d'Orange, SFR et Bouygues sera encadré. En effet, l'ARCEP a fixé un objectif de couverture de 95% de la population de chaque département d'ici 15 ans, ainsi qu'un calendrier prioritaire sur les zones "non denses".