Très haut débit mobile et gestion dynamique des spectres

18 juillet 2014 à 15h34
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h22 -

Si le déploiement du réseau 4G en France se poursuit à un rythme largement supérieur aux prévisions initiales, l'accélération de sa mise en place et l'arrivée de la 5G nécessiteront notamment une mutualisation de l'usage des fréquences.Au cours de son intervention durant les 8ème Assises du Très Haut Débit, Mme Joëlle Toledano, Professeur des Universités en Sciences Economiques à Supélec, a présenté quelques conclusions de son rapport remis en début de mois à Mme Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat Chargée du Numérique, consacré à l'évolution de la gestion par l'état du spectre radioélectrique pour l'innovation et la croissance. Les fréquences sont le support d’un nombre croissant d’activités dans les télécommunications et l’audiovisuel, mais également dans de nombreux secteurs économiques (transport, énergie…). Avec un trafic mobile qui devrait être multiplié par un facteur compris entre 13 et 25 sur la période 2011 à 2017, plus un internet des objets qui pourrait se traduire par des prévisions à sérieusement revoir à la hausse, l'augmentation des besoins en fréquences radioélectrique fait consensus. Pour éviter un « spectrum crunch », l'épuisement des fréquences disponibles, il est temps de mettre en place une vraie modernisation de l'action publique sur le long terme. Prendre exemple sur des modèles performants L’accélération du très haut débit mobile est dominée par certains pays comme les USA, qui ont consacré des investissements massifs pour le déploiement du LTE par les opérateurs. De même, au Japon et en Corée du Sud, le LTE s’inscrit dans une logique de politique industrielle forte (la Corée du Sud a couvert 100% de sa population en 4G en l’espace d’un an seulement). En se basant sur des pays en avance sur nous sur la gestion des fréquences radio, Mme Toledano explique dans son rapport : " Il n'existe plus de fréquences disponibles dans les gammes les plus aisément exploitables et il va devenir de plus en plus difficile de recourir aux méthodes classiques ". Le rapport de la mission spectre 2014 propose un recours accru au partage de fréquences, non seulement celles qui ne sont pas utilisées, mais aussi les autres, peu utilisées, par exemple par la Défense, qui est prête à autoriser une mutualisation (sous certaines conditions de sécurité). Avec la notion de partage dynamique, s'adaptant en permanence en fonction de la disponibilité des fréquences, on peut arriver à une réserve de spectre importante, avec des investissements moindre et un cadre législatif qui semble assez facile à mettre en place. Le rapport préconise notamment d'utiliser ce processus dit LSA (Licensed shared access) dans la bande 2 300-2 400 MHz. Une forme particulière de partage concerne l’usage de bandes de fréquences gratuites, ouvertes à tous, sans licence, qui a connu ces dernières années avec le Wifi un développement important. Il permettrait de délester 68% de trafic mobile et de baisser les barrières à l’entrée pour de nombreuses PME qui contribuent à l’innovation.

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