Qwant : l'alternative française à Google garantie sans traçage a son appli Android et iOS

3 février 2017 à 12h27
- Mis à jour le 16 janvier 2019 à 18h30 -

Le moteur de recherche made in France se lance sur mobile en intégrant un navigateur. Avec l'ambition de gagner en visibilité, en particulier en Europe.

L’omniprésence et les procédés invasifs du géant californien ont incité d’autres moteurs de recherche à imaginer des écosystèmes centrés sur la protection de la vie privée, la neutralité des résultats et la sécurité. Parmi ceux-ci, la solution française Qwant, dont l’ambition est moins de concurrencer Google - qui le pourrait à l'heure actuelle ? - que de proposer une autre expérience aux internautes. Qu’il espère encore plus nombreux grâce à l’application qui débarque sur le Play Store et l’App Store d’Apple. Au menu : toutes les fonctionnalités de sa recherche web, mais aussi un navigateur sécurisé intégré.

L’expérience Qwant sur mobile

On retrouve derrière l’icône arc-en-ciel une interface simple qui donne accès à l’ensemble des options de recherche disponibles sur son site. Plusieurs environnements de résultats sont proposés : web, actualités, images, ou encore réseaux sociaux, ce en quoi Qwant se démarque du leader du marché. On apprécie du reste la lisibilité de ces filtres en haut de page, même si une fonction « glisser » aurait pu améliorer la fluidité du passage d’un univers à l’autre.

Qwant Junior

Côté utilisation, le menu permet également d’accéder rapidement aux carnets publics des utilisateurs ainsi qu’au moteur Qwant Junior, qui propose un filtrage des résultats pour n’afficher que ceux adaptés aux plus jeunes. Le paramétrage par région est également intéressant par son accessibilité rapide : pas besoin d’aller le dénicher au fin fond des options.

L’éthique avant tout

Le tout, comme sur ordinateur, sans récupérer au passage vos informations : pas de cookies déposés, pas de conservation d’historique, pas d’exploitation des données personnelles. Sans oublier des résultats de recherche impartiaux, non orientés par votre activité en ligne. Fidèle à sa ligne « 100% vie privée », Qwant propose d’ailleurs dans son application de télécharger d’autres outils permettant d’apprendre à maîtriser ses données personnelles : des applications de confiance émanant de sociétés ou associations partageants ses valeurs, comme Mozilla ou The Tor Project, dans quatre domaines : web, communication, données et sécurité.

Appli qwant avec répertoire d'applis recommandées



Une solution shopping sécurisée

Mais l’application Qwant ne s’arrête pas là, en proposant en sus un navigateur intégré, Liberty, qui permet d’accéder à un environnement web sécurisé. Celui-ci déploie notamment un coffre-fort où l’utilisateur pourra stocker ses coordonnées personnelles et bancaires sans craindre de fuite de données. Baptisé « TapMap », cet espace vise à faciliter la réalisation d’achats en « une touche », en ayant au préalable renseigné vos informations de paiement. Grâce au système SIM&PIN, celles-ci seront chiffrées et stockées uniquement sur le terminal, afin qu’elle ne soient accessibles à personne d’autre qu’à l’utilisateur.

Présentation du navigateur sécurisé Liberty



Passer à la vitesse supérieure

Un espace clairement orienté vers le shopping mobile, donc, qui doit permettre au moteur de recherche d’accompagner le développement croissant de ce mode de consommation. Car son modèle économique, qui exclut la monétisation des données, repose sur le principe d’affiliation avec les sites d’e-commerce présents dans sa rubrique Shopping. De quoi moissonner quelques millions d’euros pour l’instant, et sans doute plus s’il réalise son objectif ambitieux : décrocher entre 5 et 8% de part de marché sur les requêtes en Europe d’ici à 2018-2019. Ce qu’il n’est pas interdit d’espérer, au vu des performances 2016 : un doublement des visites en un an et 2,6 milliards de requêtes.

Une nouvelle étape du développement a été franchie hier avec une levée de fonds de 18,5 millions d’euros auprès de la Caisse des Dépôts, qui entre à son capital, et du groupe allemand Axel Springer, déjà actionnaire. Une injection d'argent frais qui doit permettre à la société de « renforcer son expertise et son indépendance technologique au bénéfice de la souveraineté européenne», annonce-t-elle, « tout en disposant des moyens nécessaires à une communication plus large auprès du grand public ».