Free : l'UFC dénonce les bridages de débit sur Youtube

20 septembre 2012 à 10h44
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L'UFC Que Choisir saisit les pouvoirs publics au sujet des lenteurs de débit constatées par les freenautes qui se connectent sur la plateforme YouTube.Alain Bazot, le président de l'association de consommateurs UFC Que Choisir, vient d'écrire à l'ARCEP et la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes pour "signaler des problèmes de connexion à certains services Internet à partir du réseau Free".

Le problème de lenteur de chargement des vidéos sur Youtube n'est pas nouveau pour les freenautes. Les remontées de freenautes se sont multipliées sur les forums ces derniers mois. En décembre 2011, Edouard Barreiro, spécialiste des nouvelles technologies à l'UFC-Que Choisir, relevait déjà que "de plus en plus d'abonnés Free se plaignent de leur accès ralenti à YouTube" et demandait une "explication claire de Free et de Google (propriétaire de Youtube)".

Interrogé par le Nouvel Observateur en janvier dernier, Xavier Niel, le patron d'Iliad, reconnaissait un problème en indiquant que "les tuyaux entre Google et Free sont pleins à certaines heures, et chacun se repousse la responsabilité de rajouter des tuyaux".

Face à ses problèmes de capacité et de transit IP (peering) qui prennent en otage les internautes, l'UFC Que Choisir estime qu'il faut mieux encadrer le marché. Au final, l'éditeur rejette la responsabilité sur le fournisseur d'accès (et vice-versa) mais ce sont les internautes qui subissent les conséquences en "bénéficiant au final d’un service dégradé sans en être informé préalablement et sans pouvoir utiliser cet élément comme cause de résiliation" souligne Alain Bazot.

Derrière la question du peering se trouve évidemment celle du niveau et du partage des investissements pour garantir l'acheminement du trafic Internet dans de bonnes conditions. D'un côté, les géants du web consomment beaucoup de bande passante et monétisent leur audience, et de l'autre, les opérateurs estiment que la relation est déséquilibrée et que certains sites devraient participer au financement des réseaux.

Ce type de conflit n'est pas spécifique à Free. Une histoire similaire avait déjà défrayé la chronique en 2009/2010 lorsque le site de streaming MegaUpload (via Cogent) était difficilement accessible pour les abonnés Orange.