Qui déploie la 5G et quand sera-t-elle disponible ?

4 mars 2020 à 17h10
- Mis à jour le 25 septembre 2020 à 15h12 -

Le nouveau réseau mobile sera commercialisé en France en juillet 2020. Quatre opérateurs commencent déployer des antennes 5G. Ils devront suivre la feuille du route fixée par le gouvernement.

Ce qu'il faut retenir sur le déploiement de la 5G

Quels opérateurs déploient la 5G ?

Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR ont été sélectionnés en 2020 par l'ARCEP pour participer au processus d'attribution des fréquences 5G. 

 Quand la 5G sera-t-elle disponible ?

Le réseau mobile 5G sera lancé en France en décembre 2020 ou en janvier 2021 dans certains départements. la 5G sera ensuite progressivement étendue jusqu'en 2030 au fil des déploiements d'antennes par les opérateurs. 

Où la 5G sera-t-elle disponible ?

À son lancement, le réseau 5G sera disponible dans une dizaine de villes. Le réseau 5G devra couvrir 66% de la population en 2025 et 100% en 2030. Les premières villes couvertes seront les métropoles de Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Nantes, Rouen et Lille où des expérimentations sont en cours depuis le début de l'année 2020. 


Qui déploie le réseau 5G ?

En France, Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR ont déposé auprès de l'Arcep, un dossier de candidatures pour participer au processus d'attribution des fréquences de la 5G. Cela veut dire que, si leur dossier est retenu par le régulateur des télécoms, les quatre opérateurs historiques pourront déployer leur propre réseau 5G.

Néanmoins, cela ne veut pas dire que d'autres opérateurs ne pourront pas commercialiser des forfaits 5G. En effet, "l'accueil des MVNO en 5G" fait partie des contraintes imposées par l'Arcep. C'est à dire que NRJ Mobile, Prixtel, Coriolis et autres pourraient proposer des offres 5G si ces opérateurs trouvent un accord avec Bouygues Telecom, Free, Orange ou SFR.

Déployer un réseau 5G, cela implique pour les quatre opérateurs d'installer des antennes 5G. Pour cela, ils vont faire appel à des équipementiers télécoms. Ils sont quatre à se disputer ce marché : les européens Ericsson et Nokia et les asiatiques Huawei et Samsung.

La 5G d'Orange sera déployée par Nokia et Ericsson. Le réseau 5G Free sera équipé par Nokia. Quant à Bouygues Telecom et SFR, ils souhaiteraient faire appel à Huawei, avec lequel ils ont déjà eu l'occasion de travailler. Mais l'équipementier chinois est soupçonné d'espionnage et le choix des deux opérateurs est conditionné par l'autorisation ou non de l'ANSSI, l'agence nationale de la sécurité des systèmes d'information.


Quand la 5G sera-t-elle disponible?

En France, le lancement de la 5G était initialement prévu pour juillet 2020. Mais compte tenu de la période de confinement lié à la crise sanitaire du COVID-19, l'ARCEP a préféré retarder le calendrier. 

Au mois de février 2020, Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR ont déposé un dossier de candidatures pour participer au processus d'attribution des fréquences 5G. La suite du scénario est connu.

En mars 2020, l'Arcep annonce les résultats de la phase d'attribution des blocs de 50 MHz, que les quatre opérateurs achètent au prix unitaire de 350 millions d'euros. 

Fin septembre 2020, les enchères pour les blocs de 10 MHz, dont le prix de départ est fixé à 70 millions d'euros chacun, commencent. Cette étape est déterminante puisque qu'elle préfigure de la capacité du réseau 5G de chaque opérateur. Même si rien ne les empêche ensuite de passer entre eux des accords de mutualisation des réseaux afin de proposer une meilleure qualité de services en 5G.

Le lancement de la 5G, quant à lui, interviendra donc en fin d'année 2020 (ou début 2021) avec les premières offres commerciales. Mais uniquement dans certains départements. Les autres devront attendre janvier 2021 pour en profiter. En 2025, les zones urbaines et économiques seront entièrement couvertes en 5G, soit les deux tiers de la population. Et l'objectif est d'avoir un réseau 100% 5G en 2030.

Quatre opérateurs, Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR, vont déployer leur réseau 5G.

Où trouver la 5G ?

Logiquement, les opérateurs vont commencer par déployer leur réseau 5G dans les zones urbaines plutôt que dans les zones rurales. L'objectif de l'Arcep est d'avoir des offres 5G dans 5 à 10 villes dès 2020. Oui, mais lesquelles ? Avec la carte des villes couvertes en 5G, il est déjà possible d'avoir un aperçu du déploiement du nouveau réseau mobile.

En effet, dans de nombreuses villes françaises, les opérateurs mènent déjà des tests 5G et ont commencé à installer des antennes. Par exemple, au 1er septembre 2020, l'ANFR (Agence nationale des fréquences), avait délivré 500 autorisations pour l'exploitation de supports expérimentaux 5G.

À titre d'exemple, Bouygues Telecom a commencé à déployer des antennes 5G à Bordeaux, Nantes, Rouen et à Lyon. La 5G d'Orange est testée en conditions réelles à Paris, Lille, Marseille, Montpellier et Nantes. SFR est notamment présent à Paris, Nantes et à Toulouse. Dernier opérateur à se lancer dans la course à la 5G, Free se contente d'une présence à Paris. Sans trop s'avancer, on peut penser que c'est dans ces mêmes villes que la 5G sera déployée en premier.

Il y aura au minimum 5 ou 10 villes couvertes en 5G en 2020.

5G : quelles sont les obligations des opérateurs ?

Si ils veulent déployer un réseau 5G, les opérateurs vont devoir se plier à un certain nombre d'obligations. Tout d'abord, il leur faudra suivre la feuille de route du gouvernement. Un document qui fixe les grandes lignes du déploiement du réseau mobile 5G.

Premier objectif "majeur" déterminé par le gouvernement : la "bonne couverture mobile" au bénéfice de tous les Français. L'État sera également attentif à la façon dont les attributions de fréquences 5G permettront de "faire émerger de nouveaux services". Voilà pour les grandes lignes.

Pour avoir un aperçu plus précis du cahier des charges imposé aux opérateurs, il faut voir les modalités d'attribution des fréquences de la 5G. L'Arcep demande à chaque opérateur d'équiper "au moins deux villes en 5G dès 2020". Au cours des années suivantes, les opérateurs devront disposer d'au moins 3.000 sites (pylônes ou autres toits d'immeuble) en 2022, 8.000 en 2024 et 10500 en 2025, soit deux tiers de la population couvertes en 5G dans 5 ans.

Et l'Arcep de préciser que "25% de sites des deux derniers jalons devront être déployés dans une zone rassemblant les communes des zones peu denses et celles des territoires d'industrie, hors des principales agglomérations". Autres obligations :

  • un accroissement des débits, avec au moins 240 Mb/s sur au moins 75% de sites en 2022,
  • la couverture des axes routiers (autoroutes en 2025 et routes principales en 2027),
  • des offres de services différenciés (slicing) avec des usages innovants dans les domaines de l'industrie, de la santé, de l'automobile ou des médias au plus tard en 2023.

Ce cahier des charges, les opérateurs ont tout intérêt à la respecter. Car, l'Arcep a prévu deux rendez-vous intermédiaires à l'horizon 2023 et 2028. Et, en cas de manquements, les opérateurs risquent une mise en demeure, une amende, voire même une suspension de leur licence 5G.

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