La 5G ! C'est quoi la 5G ?

Tout savoir sur le nouveau réseau mobile 5G
17 avril 2019 à 11h44
- Mis à jour le 9 mars 2020 à 14h22 -

Vous avez sans doute entendu parler de la 5G. Mais, vous ne savez pas ce que c'est. La 5G, c'est la 5ème génération de réseau mobile. Une technologie qui va notamment permettre de répondre à l’explosion du trafic mobile. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur la 5G !

3 questions sur la 5G

En quoi la 5G est-elle différente de la 4G ?

La 5G, c'est la cinquième génération de réseau mobile. Elle est plus élaborée. La 5G va utiliser plus de fréquences et des fréquences différentes de la 4G. Elle va tout d'abord permettre de désengorger le réseau 4G, proche de la saturation. Grâce à des débits beaucoup plus élevés, une latence beaucoup plus faible et la possibilité de prendre en charge un plus grand nombre d'appareils, la 5G va permettre de développer des usages totalement différents de la 4G, comme la télémédecine, les véhicules autonomes, ou l'automatisation des usines.

Comment avoir la 5G ?

Pour avoir la 5G, il faut être dans une zone couverte par la 5G. Or, d'un opérateur à l'autre, le déploiement de la 5G n'est pas le même. Et, ce n'est pas tout. Quand la 5G sera commercialisé cet été, Il faudra aussi avoir un forfait 5G et un smartphone compatible 5G.

La 5G est-elle dangereuse pour la santé ?

C'est la question que tout le monde se pose mais à laquelle il est encore impossible d'apporter une réponse claire. L'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) a été chargée par le gouvernement de conduire une expertise sur l'exposition de la population aux champs électromagnétiques de cette technologie et aux éventuels effets sanitaires associés. Mais, elle ne rendra pas ses conclusions et ses recommandations avant la commercialisation de la 5G. C'est pourquoi des associations ont déposé un recours devant le Conseil d'État pour obtenir un moratoire.

Qu'est-ce que la 5G ?

La 5G, c'est la cinquième génération de réseau de téléphonie mobile. Il sera commercialisé en France à l'été 2020. Petit retour en arrière pour comprendre l'intérêt de se doter d'un nouveau réseau. En 1986, la première génération a permis de passer des appels, la seconde d'envoyer des SMS. Créée en 2004, la 3G a rendu possible l'Internet mobile. Quant à la 4G, qui est apparue en 2011, elle a permis de développer les usages de l'Internet mobile avec une plus grande rapidité. Et la 5G alors ?

Tout d'abord, la 5G doit permettre de répondre à l'explosion de notre consommation de data. Aujourd'hui, les Français consomment en moyenne 9 Go d'Internet mobile tous les mois. Et pourtant, le réseau 4G sature. Or, d'ici à 2025, un utilisateur sur 5 consommera 200 Go tous les mois. Voilà le premier intérêt de la 5G : apporter de l'oxygène au réseau et éviter les effets de saturation dans les zones très denses.

Aussi, dans un premier temps, "La 5G sera assez proche de la 4G", explique Jean-Paul Arzel, directeur réseau de Bouygues Telecom (lire notre interview). Néanmoins, la 5G ne doit pas être vue comme une simple évolution de la 4G.

C'est en réalité une technologie de rupture, qui "se distingue des générations précédentes en ce qu'elle vise, dès sa conception, à intégrer un nombre de cas d'usages inédits", note l'Agence nationale des fréquences. Mais, "Les changements d'usages, les nouveaux usages, et de manière un peu massive, c'est pas avant 2023", assure Jean-Paul Arzel.

Dans un premier temps, la 5G sera une 4G boostée

À quoi va servir la 5G ?

À termes, le réseau mobile 5G va permettre une révolution des usages de l'Internet mobile. En attendant, dans un premier temps, grâce à des débits plus rapides, la 5G continuera d'améliorer les services existants dans le domaine grand public. On pense notamment au streaming en qualité 4K ou 8K, au cloud gaming, ou encore à la réalité virtuelle où à la réalité augmentée. Grâce à la densité, la 5G favorisera ensuite l'Internet des objets. Enfin, grâce à sa faible latence, la 5G va entraîner une révolution des usages qui va toucher de nombreux secteurs, et particulièrement l'industrie. Avec des bouleversements dans le domaine de la santé (télémédecine), des transports (véhicules autonomes), de la ville intelligente (maîtrise énergétique) ou encore des usines du futur (automatisation).

Pour comprendre l'intérêt de la 5G,  on vient de voir qu'il y a trois mots importants à retenir : débit, latence et densité.

  • Le débit. La 5G va permettre d'obtenir des vitesses de connexion à Internet beaucoup plus rapides qu'en 4G. La 5G est à la 4G ce que la fibre optique est à l'ADSL. Le débit de la 5G sera jusqu'à 10 fois plus rapide que le débit en 4G. Elle doit permettre d'atteindre jusqu'à 1 Gb/s de débit en réception (300 Mb/s en émission). Bien évidemment, il s'agit d'un débit théorique. Néanmoins, les opérateurs devront dès le départ fournir en 5G un minimum de 100 Mb/s aux utilisateurs. Pour rappel, le débit moyen en 4G est de 45 Mb/s.
  • La latence. C'est l'autre énorme avantage de la 5G. La latence, c'est le temps de réaction entre le moment où l'on passe une commande et le moment où elle se traduit à l'écran. Avec la 5G, elle passerait de 10 à 1 msCette réactivité est cruciale pour certaines applications de la 5G. En effet, des échanges constants et quasi-immédiats sont requis pour faire émerger de nouveaux usages.
  • La densité. C'est la dernière promesse majeure de la 5G. L'ultra connectivité permet une plus grande densité d'appareils connectés au km2. Au minimum, la 5G pourra supporter 1 million d'appareils par kilomètre carré. Indispensable quand on sait qu'il y aura 50 milliards d'objets connectés en 2025.
Les grandes familles d'usages de la 5G.

La 5G, comment ça marche ?

La 5G, c'est un  réseau mobile appelé à prendre le relais de la 4G. Or, pour fonctionner, un réseau a besoin de deux éléments indispensables : des fréquences et des antennes pour émettre le signal.

Commençons par les fréquences de la 5G, ce sont elles qui nous permettent d'avoir des communications. Pour le nouveau réseau mobile, trois bandes de fréquences ont été retenues, avec des propriétés différentes :

  • La bande des 3,5 GHz. C'est elle qui va supporter le réseau mobile 5G dès sa commercialisation, cet été. Elle représente un bon compromis car elle permet d'avoir des débits élevés tout en assurant une bonne couverture du territoire.
  • La bande des 700 MHz. Ce sont des fréquences basses, avec une très bonne portée mais des débits moyens. Actuellement attribuée à la 4G, elle sera dévolue à la 5G dans un second temps.
  • La bande des 26 GHz. Ce sont des fréquences hautes, avec une faible portée mais des débits très élevés. On parles d'ondes millimétriques. La bande des 26 GHz sera également attribuée à la 5G dans un second temps.À termes, la 5G utilisera trois bandes fréquences.

Les communications qui passent par les fréquences sont relayées par des antennes. C'est pourquoi les opérateurs vont devoir déployer leur propre réseau mobile 5G. Dans un premier temps, ils vont s'appuyer sur des supports déjà existants, des pylônes équipés en 4G par exemple, pour y installer des antennes 5G.

Il s'agit d'antennes spécifiques, appelées Massive MIMO. Équipées de très nombreux connecteurs, elles peuvent toucher un plus grand nombre d'utilisateurs. En outre, plutôt que d'arroser en ondes toute une zone, elles émettent un signal ciblé à chaque utilisateur, grâce au beamforming, et adapté à ses besoins, grâce au network slicing.

Mais, ce n'est pas tout. On vient de le dire, à termes, la 5G va s'appuyer sur les ondes millimétriques. Comme elles ont une faible portée, cela nécessité l'installation de Small cells, des antennes miniatures en complément des antennes macro.

Comment se passe le déploiement de la 5G ?

En France, quatre opérateurs (Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR) ont déposé des dossiers de candidature pour participer au processus d'attribution des fréquences de la 5G. Ce processus est actuellement en cours. Néanmoins, avant même d'obtenir des fréquences et la commercialisation de la 5G à l'été 2020, les opérateurs ont commencé le déploiement de la 5G dans certaines grandes villes où ils mènent des expérimentations 5G.

C'est l'Arcep, le régulateur des télécoms qui est chargé de l'attribution des fréquences 5G. Si les opérateurs veulent des fréquences, ils vont devoir respecter un certain nombre d'engagements. Parmi les obligations fixées par le gouvernement et par l'Arcep, la bonne couverture mobile en 5G au bénéfice de tous les Français est un "objectif majeur" du gouvernement. Comprendre que les opérateurs ne devront pas se contenter d'équiper les grandes villes mais les zones à plus faible densité de population. Autre objectif, chiffré celui-là : au moins deux villes équipées en 5G en 2020, puis le déploiement de 3.000 sites en 2022, 8.000 en 2024 et 10.500 en 2025. Une règle qui vaut pour chaque opérateur.

Comment avoir la 5G ?

Le réseau mobile 5G sera différent du réseau mobile 4G. Et, il faudra remplir trois conditions afin de pouvoir bénéficier de la 5G.

La première condition va de soi : il faudra être dans l'une des villes couvertes par la 5G, avant qu'elle ne se propage à l'ensemble du territoire. En revanche, pour les non-initiés, les deux autres conditions paraissent moins évidentes.

Tout d'abord, chez certains opérateurs, les forfaits 5G seront différents des forfaits 4G. Enfin, la dernière condition est d'avoir un smartphone compatible 5G. L'histoire se répète. En effet, il en avait été de même en 2011 pour le lancement de la 4G. Aussi, avoir la 5G passera par l'achat d'un nouveau smartphone.

Pour bénéficier de la 5G, il faudra s'équiper d'un smartphone compatible 5G.

En France, la 5G sera commercialisée à l'été 2020. Mais, d'ores et déjà, il est possible d'acheter un smartphone compatible 5G auprès de certains opérateurs ou directement auprès d'un fabricant. Néanmoins, ils sont tous encore très chers. Et mieux vaut attendre quelques mois : il y aura plus de modèles, plus élaborés et aussi un peu moins chers.

Quel est le prix de la 5G ?

La 5G n'est pas encore commercialisée. Impossible, donc, de dire quel est le prix de la 5G. Néanmoins, les opérateurs commencent de communiquer à ce sujet.

Chez SFR, ça paraît assez clair. "Il est difficile d'envisager qu'il n'y aura pas de surcoût", a déclaré Grégory Rabuel, directeur exécutif grand public de SFR."Regardez, dans tous les pays du monde où la 5G est déjà déployée, on observe qu'il y a une monétisation différente par rapport à la 4G".A priori, donc, la 5G de SFR sera plus chère que la 4G.

Chez Orange, le son de cloche est sensiblement le même. Mais, c'est dit différemment. "À service et quantité égale, la 5G ne sera pas plus chère que la 4G. La question qui se pose est de savoir si on donnera davantage de contenus, de la data par exemple, pour un peu plus cher", a notamment fait savoir Stéphane Richard, le patron d'Orange, au début de l'année.

Chez Free, cela pourrait être différent. Xavier Niel, le patron d'Iliad, la maison mère de Free a sous entendu que la 5G pourrait être au prix de la 4G. "On veut rester sur nos valeurs historiques, l'arrivée de nos offres 5G répondront à notre stratégie de simplification des offres sur le mobile", a-t-il déclaré.

Chez Bouygues Telecom, contrairement aux autres opérateurs, aucune information n'a filtré sur le prix des forfaits 5G.

Quel est l'impact de la 5G sur la santé ?

C'est La question que tout le monde se pose : la 5G est-elle dangereuse pour la santé ? Le problème, c'est qu'il est encore impossible de répondre à cette interrogation légitime. Et, on aura pas la réponse avant la commercialisation du réseau 5G. En janvier denrier, l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) s'est dit dans l'impossibilité de déterminer les effets sanitaires des ondes émises par la 5G.

La raison : elle "manque de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels". L'agence a identifié "deux champs d'évaluation des risques distincts" correspondant aux deux nouvelles bandes de fréquences, qui seront utilisées par la 5G, dès sa commercialisation ou plus tard, à savoir celle des 3,5 GHz et celle des 26 GHz.

C'est pourquoi, en vertu du principe de précaution, deux associations, Priartem et Agir pour l'Environnement ont déposé en février 2020 un recours devant le Conseil d'État, la plus haute juridiction administrative, pour obtenir un moratoire sur la 5G. Elles reprochent au gouvernement de se lancer dans un "projet pharaonique" et ce "dans la plus grande précipitation" et sans en mesurer les conséquences". Les deux associations craignent des risques "sur la santé, l'environnement et les libertés publiques".

La réponse du Conseil d'État n'a pas tardé. Sur la forme, il estime qu'il n'y a "pas d'urgence justifiant la suspension des textes relatifs au déploiement de la 5G". Sur le fond, il se prononcera à l'été 2020.

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